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Le bon consommateur et le mauvais citoyen

Couverture du livre Le bon consommateur et le mauvais citoyen

Auteur : Robert Rochefort

Date de saisie : 17/04/2007

Genre : Sociologie, Société

Editeur : O. Jacob, Paris, France

Prix : 21.50 € / 141.03 F

ISBN : 978-2-7381-1961-2

GENCOD : 9782738119612

Sorti le : 29/03/2007


  • La présentation de l'éditeur

Peut-on rouler en 4x4 et s'alarmer du changement climatique ? Courir les superdiscounts et enrager contre les délocalisations ? La société de consommation aurait-elle engendré de mauvais citoyens ?

Sur des cas précis, le bio et les OGM, la grande distribution, la voiture, l'argent et le tourisme, Robert Rochefort analyse avec perspicacité les contradictions éthiques de notre mode de vie.

Il tente de résoudre le paradoxe du consommateur qui se condamne lui-même en tant que citoyen. Il montre que c'est en reconstituant les solidarités sociales que les individus pourront se projeter dans l'avenir et assumer leurs responsabilités planétaires.
Robert Rochefort est directeur général du CREDOC. Il est membre du Conseil d'analyse économique auprès du Premier ministre. Il a notamment publié La Société des consommateurs, Le Consommateur entrepreneur, Vive le papy-boom et La France déboussolée.

LE BON CONSOMMATEUR ET LE MAUVAIS CITOYEN





  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction :

Bienvenue dans la société consommatoire

Jusqu'au milieu du XXe siècle, nous étions dans une société de production. Puis vint la société de consommation de nature hybride : production et consommation jusqu'aux années 1970. Nous voici désormais dans une société dont l'organisation économique et sociale tout comme l'imaginaire sont tellement centrés sur la consommation que nous pouvons parler de société consommatoire. Dans les entreprises, il n'y a plus qu'une seule obsession : être à l'écoute du client. C'est légitime, bien entendu, mais tellement différent d'il y a quelques années. On a parfois l'impression que les responsables du marketing, de la commercialisation, de la publicité règnent en maîtres sur les ingénieurs de la production. Dans les administrations, c'est pareil, mais plus contestable. On voudrait assimiler l'administré à un client pour le mettre au «coeur» du processus. L'intention est louable, elle vise en effet à recentrer les services publics sur la qualité du service rendu. Mais, ce faisant, on légitime et amplifie des comportements consuméristes : être bénéficiaire de tous ses droits devient une telle exigence qu'elle en fait oublier les devoirs qui leur sont liés. Or, lorsqu'il s'agit de citoyenneté, l'un ne peut pas aller sans l'autre.
Révélateur d'ailleurs, l'usage tant à la mode du terme «consumériste». Doit-il être pris dans une connotation positive, comme c'est le cas lorsqu'on l'accole à l'action collective des associations qui défendent les consommateurs, ou au contraire égoïste comme l'autodéfense des intérêts particuliers de chaque client ? Dans la pratique, on confond allègrement ces deux sens. Même le rapport à la politique est devenu consommatoire. On s'interroge dans la presse sur la «marque Sarkozy», on choisit pour qui voter au dernier moment, presque par impulsion, comme on le ferait d'un objet qui ne serait pas indispensable. Et réciproquement on utilise le même terme - bien galvaudé - de «promesse» pour rendre compte à la fois d'un programme électoral et de ce qu'on peut attendre d'une marque de voiture, de produits alimentaires ou ménagers...
Le point de départ de ce livre est que nous sommes devenus d'excellents consommateurs et de bien mauvais citoyens.


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