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La promesse du lendemain

Couverture du livre La promesse du lendemain

Auteur : Hitonari Tsuji

Traducteur : Yutaka Makino

Date de saisie : 19/04/2007

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Phébus, Paris, France

Collection : D'aujourd'hui. Etranger

Prix : 14.50 € / 95.11 F

ISBN : 978-2-7529-0245-0

GENCOD : 9782752902450

Sorti le : 05/04/2007

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Qui est cette inconnue qui se rend jour après jour à la poste pour observer le guichetier à la dérobée ? Savez-vous que là où vit la jeune Acacia, le temps n'existe pas ? Pour quelle raison cet homme qui s'amuse des heures avec les pigeons se laisse-t-il envahir par une tristesse infinie au moment de rentrer chez lui ? Quel est ce mal qui rend tous les habitants d'un pays sans nom incapables de chanter ? Pourquoi ce petit garçon s'est-il choisi pour héros un SDF qui porte un sac de toile sur la tête, et pourquoi massacre-t-on soudain tous les chiens de son quartier ? Coincée avec son petit ami tout en haut de la grande roue, cette femme trouvera-t-elle la force de lui dire qu'entre eux, c'est fini ?

Les réponses à ces questions soin à découvrir au fil des nouvelles de Hitonari Tsuji. Dans ces histoires en forme de fables, le poète se fait le chantre des amours qui naissent puis se fanent, de la solitude résultant de l'incommunicabilité, de la violence du monde. Ainsi, au détour de phrases pures, limpides, lumineuses, surgissent l'étrangère et les ténèbres.

Hitonari Tsuji est né à Tokyo en 1959. Créateur protéiforme, il incarne au Japon une certaine idée de la modernité artistique. Considéré comme un des chefs de fille d'une nourelle génération d'écrivains, il a atteint une renommée internationale arec Le Bouddha blanc (Mercure de France, prix Femina étranger 1999) et En attendant le soleil (Belfond, 2004).





  • La revue de presse Christophe Mercier - Le Figaro du 19 avril 2007

Le recueil impressionne par sa cohérence thématique et esthétique. Toutes les nouvelles se déroulent dans un monde clos, claustrophobe, et mettent en scène des personnages irrémédiablement seuls, et qui cherchent un sens à une vie qui leur échappe. Les lieux sont décrits d'un trait, sans lyrisme aucun, sans détails les ancrant dans un réel repérable. On ne remarque qu'une seule allusion, et très fugitive, au Japon. Sinon, on est dans un monde imaginaire - peut-être prémonitoire -, un monde étrange, un monde d'après la civilisation, un monde où la mort rôde, où les peuples se déchirent dans des guerres civiles, où un quartier mortellement paisible peut être dévasté par la haine et la peur de la différence...
Chacune des nouvelles de ce recueil est une sorte de fable, d'apologue et, comme de n'importe quelle fable, on imaginerait pouvoir en tirer une morale. Ce n'est pas le cas : Tsuji ne démontre rien, refuse tout développement abstrait, se contente de donner à voir, sans jamais conclure. Il n'est jamais meilleur que dans ce registre de réalisme onirique, qui devient rapidement de la pure poésie.



  • Les premières lignes

LA POSTE

Au bout d'un certain temps, j'ai fini par la remarquer.
La femme se montrait toujours un peu avant midi et, de ma place, je pouvais la voir, assise sur une chaise, légère­ment sur ma gauche. Elle semblait vouloir se dissimuler derrière la colonne qui se dressait près d'une fenêtre.
Il y a sept guichets en tout, et je suis chargé du numéro trois. Le bâtiment, qui date du milieu du XIXe siècle, abritait autrefois un club réservé aux officiers militaires à la retraite. Le haut plafond, le sol en marbre, l'épaisse vitre de la porte d'entrée qui occupe tout un mur évoquent ces temps anciens. J'aime tout particulièrement la clarté qui règne dans le hall désert juste avant l'ouverture du bureau, la lumière matinale qui traverse les vitres, et le bruit sec de l'aiguille de la pendule égrenant les secondes.
Les gens prennent un ticket au distributeur et patientent dans le hall. Lorsque leur numéro clignote sur le panneau, ils se dirigent vers le guichet indiqué. Aux alentours de midi et en fin de journée, l'endroit est très animé et nombreux sont ceux à attendre leur tour.
La femme m'a regardé et a souri, ce qui m'a laissé penser qu'il s'agissait de ma prochaine cliente. Mais au guichet s'est présenté un homme entre deux âges accompagné de son chien. Elle ne m'avait pas quitté des yeux. Quand une femme vous sourit, vous vous sentez obligé de lui renvoyer son sourire, même si elle vous est inconnue.
C'est tout ce que je peux dire avec certitude et, jusqu'à présent, cette femme ne m'avait jamais directement causé de tort. Il m'était déjà arrivé de me sentir embarrassé, mais je ne pense pas quelle avait de mauvaises intentions. Elle ne faisait rien de répréhensible et, qu'il pleuve ou qu'il vente, ne manquait jamais de venir, se contentant de me fixer. Quand nos regards se rencontraient, elle souriait. Parfois, elle me faisait un discret signe de la main. Un peu après midi, elle disparaissait. Et c'était tout.
J'avais décidé de la regarder le moins possible.


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