Auteur : Laurent Jullier | Michel Marie
Date de saisie : 13/04/2007
Genre : Cinéma, Télévision
Editeur : Larousse, Paris, France
Collection : Comprendre et reconnaître
Prix : 27.00 € / 177.11 F
ISBN : 978-2-03-583328-0
GENCOD : 9782035833280
Sorti le : 04/04/2007
Lire les images de cinéma fournit des outils indispensables pour décrypter le cinéma à l'échelle du plan (point de vue, distance focale, profondeur de champ...), de la séquence (scénographie, montage, suspense...) et du film (ressorts de l'histoire, genres, personnages...). Les figures répertoriées sont illustrées par un choix de photogrammes issus de films très variés.
La mécanique de la narration filmique et les détails de la scénographie sont ensuite décortiqués à travers 23 analyses de séquences, qui sont autant d'exemples d'une lecture " fine " du cinéma. Les films ont été sélectionnés de manière à représenter à égalité des succès populaires (Dr Jerry et Mr Love, Titanic ou Kill Bill) et des classiques du septième art (Octobre, Sunset Boulevard, le Septième Sceau, Vertigo).
"Ce livre n'est pas un répertoire de règles grammaticales hors desquelles on resterait devant le film comme devant un texte en langue étrangère. Il ne porte pas davantage sur des films complexes, ardus ou prétendument illisibles sans mode d'emploi. Lire les images de cinéma, c'est prolonger le plaisir du spectacle en analysant, en décortiquant, en regardant à la loupe ce qui a passé à toute vitesse - à 24 ou à 25 images par seconde."
Le point de vue
Le point de vue est donné d'abord par l'emplacement de la caméra. C'est le point d'observation de la scène, celui d'où part le regard. Aucun point de vue n'est neutre. Toutes les positions de caméra charrient leur lot de connotations. Reprenons l'exemple du cameraman désireux de vous filmer en train de lire ce livre. Où s'installerait-il ? De trois quarts arrière, la connotation serait celle du sans-gêne qui lit par-dessus l'épaule. À la place de votre tête, pour ne filmer que le livre et vos mains, ce serait l'astuce un peu démodée de la «caméra subjective». Accrochons la caméra au-dessus de votre tête : voici le point de vue «divin»; accrochons-la dans un coin du plafond, voici le point de vue de la caméra de surveillance; glissons-la sur le plancher, le point de vue de l'insecte qui passe...
Le point de vue est peut-être le paramètre le plus important à l'échelle du plan, et ce pour deux raisons au moins : si les caméras gouvernées par l'électronique peuvent être mises en pilotage automatique, il faudra tout de même que leur opérateur sache ou décide à quelle place il va s'installer et sur quoi il va pointer l'objectif ; on peut échapper à beaucoup de réglages techniques, mais pas à celui-là. Comme l'indique la langue française (elle n'est pas la seule), l'expression possède un double sens : le sens propre, point de vue optique, se double d'un sens figuré, le point de vue moral, idéologique ou politique. La place à laquelle se trouve le témoin d'une scène conditionne en effet souvent la lecture qu'il aura d'elle. Se trouver à un endroit, c'est recevoir les informations sous un certain angle et pas un autre - une sélection d'informations dont dépendra le jugement.
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