Auteur : Elise Thiry-Bouvier
Date de saisie : 13/04/2007
Genre : Sociologie, Société
Editeur : A. Carrière, Paris, France
Prix : 18.50 € / 121.35 F
ISBN : 978-2-84337-432-6
GENCOD : 9782843374326
Sorti le : 04/04/2007
La famille moderne est en pleine mutation. Le nombre de divorces explose, les familles recomposées se multiplient, et les enfants sont souvent l'enjeu des conflits entre adultes. Fait nouveau, là où les querelles entre parents et grands-parents se réglaient autrefois en famille, elles sont aujourd'hui portées devant les tribunaux. Les enfants se retrouvent ainsi otages, et même victimes, des contentieux familiaux. En dix ans, le nombre d'actions en justice a presque triplé. Près de 3000 familles sont en attente d'un jugement qui statuera sur les relations entre les générations. Après une enquête journalistique de plusieurs mois, l'auteur nous livre ici les témoignages de parents harcelés par des grands-parents interventionnistes à l'excès, mais aussi, à part égale, ceux de grands-parents injustement privés de leurs petits-enfants. Leurs histoires, emblématiques de ce nouveau phénomène de société, sont éclairées par des interviews exclusives d'une juge aux affaires familiales, d'une avocate spécialisée dans le droit des familles, du législateur en la personne de la députée Valérie Pécresse et d'un pédopsychiatre renommé.
Elise Thiry-Bouvier, 31 ans, est journaliste à l'Agence France Presse. Après des études à Paris, Sienne et San Francisco, elle a effectué de nombreux reportages en Afrique, exercé à New York et à Londres, puis pour l'agence Capa à Paris. Familles en guerre est son premier livre.
Extrait de la préface :
La structure de la famille a beaucoup évolué dans notre société, ces trois dernières décennies.
Le nombre de divorces a presque quadruplé depuis 1970. Les familles recomposées se multiplient. Et souvent, les petits-enfants se retrouvent otages des conflits entre adultes. Ballottés entre leurs parents et leurs grands-parents, ils sont devenus l'enjeu de disputes plus ou moins violentes.
Auparavant, si on lavait son linge sale en famille, selon l'expression populaire consacrée, on suit aujourd'hui une tendance à la judiciarisation à outrance, tendance qui nous vient tout droit des États-Unis.
Le nombre de procès intergénérationnels a doublé en dix ans. Selon les statistiques du ministère de la Justice, le nombre d'affaires relatives au «droit de visite des grands-parents» est passé de 1 080, en 1992, à presque 3 000, dix ans plus tard.
Aujourd'hui, trois générations de grands-parents coexistent : les 70 ans et plus, ceux issus du baby-boom, qui ont la soixantaine et sont encore actifs professionnellement, et les quinquagénaires. Les deux dernières catégories ne veulent plus du rôle traditionnellement dévolu aux grands-parents. Elles refusent cette image synonyme de vieillesse et entendent continuer à imposer leur volonté à leur progéniture.
Quand une famille est unie, sans problème de fond, les grands-parents savent en principe quel rôle jouer parmi leurs proches. Mais, en cas de divorce, de séparation, de perte d'un des enfants, la situation se complique souvent. Par manque de dialogue, par négligence parfois, par besoin d'assouvir une volonté de puissance, pour continuer à contrôler la vie de leurs enfants adultes, certains grands-parents n'hésitent pas à aller jusqu'au bout d'une procédure judiciaire destructrice et douloureuse pour tous.
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