Auteur : Jean-Paul Delfino
Date de saisie : 12/04/2007
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Métailié, Paris, France
Prix : 18.50 € / 121.35 F
ISBN : 978-2-86424-615-2
GENCOD : 9782864246152
Exilée à Marseille après avoir été sauvagement torturée par la police politique brésilienne, Lucina est enfin autorisée à revenir à Rio. La ville a changé, la dictature contrôle tout, même la géographie, à travers la spéculation. L'insouciance et la foi dans l'avenir sont en voie de disparition, de nombreux musiciens sont partis à Londres ou à Paris. Lucina découvre l'existence des pivetes, ces gamins des favelas que poursuivent les Escadrons de la Mort dirigés par Paulinho Domar, son premier amour devenu tortionnaire. Elle va tomber amoureuse de Thomas et déchaîner la jalousie de Paulinho.
Sur la toile de fond d'une ville qu'il aime passionnément, l'auteur mène avec tendresse ses personnages en les mêlant avec talent au petit peuple gouailleur de Rio. Dans l'atmosphère trouble de la fin de la dictature, trahisons, générosité, humour, saveurs, douleurs et passions se croisent au son des sambas tristes de Baden Powell.
Jean-Paul Delfino est né en 1964, il vit à Aix-en-Provence. Il est l'auteur, entre autres, de : L'Ile aux femmes, Tu touches pas à Marseille, De l'eau dans le grisou, Embrouilles au Vélodrome, ainsi que de Chair de lune, Corcovado et Dans l'ombre du Condor. Il a publié également une Histoire de la musique brésilienne aux Éditions Parenthèses.
Peu à peu, les voyageurs s'éveillaient. Dans le ventre bourdonnant du Boeing 737, ils sortaient du sommeil, un à un, les traits tirés par une mauvaise nuit, les cheveux en bataille, le visage hâve, cireux. Déjà, les premières cigarettes s'allumaient, les hôtesses chargeaient leurs chariots chromés de pots de café, de thé, de chocolat, de plateaux de viennoiseries en tout genre, de pichets de jus de fruits. Onze heures de voyage non-stop, depuis Paris et en direction de Rio de Janeiro. L'excitation du décollage et des premiers instants avait cédé le pas à une douce somnolence, bercée par le ronronnement grave des réacteurs. Jusqu'à tard dans la nuit, les voyageurs avaient joué à la dînette : apéritifs, repas, digestif, café, nouvel en-cas. Puis, les ampoules des plafonniers avaient insensiblement décliné, baignant l'habitacle d'une lumière jaune pâle. Et les voyageurs s'étaient assoupis.
- Maman, c'est bientôt qu'on arrive ?
Sans consulter son bracelet-montre, Lucina répondit à voix basse à la question ensommeillée de son fils :
- Dans une heure et dix minutes, mon amour.
- C'est long, pour aller au Brésil...
- Dors encore un peu. Je te réveillerai quand on arrivera. Le petit Jorge esquissa un sourire dans sa somnolence et replongea sa tête le plus loin possible entre le sein droit et le bras de sa mère.
Derrière le hublot, le soleil commençait, lui aussi, à sortir de la nuit. On ne voyait encore que des panaches de nuages, d'un blanc bleuté, que la carlingue de l'avion survolait souplement. Çà et là, des faisceaux de lumière rougeoyante tentaient timidement de se frayer des chemins dans cette masse cotonneuse, cette étoupe céleste en suspension qui masquait au regard, plusieurs centaines de mètres plus bas, l'océan Atlantique.
Copyright : Studio 108 2004-2009 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli