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Malacarne

Couverture du livre Malacarne

Auteur : Giosuè Calaciura

Traducteur : Lise Chapuis

Date de saisie : 10/05/2007

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : ALLUSIFS, Montréal, Canada

Collection : Les allusifs

Prix : 16.00 € / 104.95 F

ISBN : 978-2-922868-54-8

GENCOD : 9782922868548

Sorti le : 23/02/2007

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  • La présentation de l'éditeur

Matacarne est un roman sur la mafia qui ne ressemble à aucun livre sur la mafia : c'est le monologue incantatoire d'un petit truand, une fantasmagorie sanglante où bourreaux et victimes se poursuivent inlassablement face à un juge muet et pourtant lui aussi acteur de cette danse macabre dont Palerme est le décor transfiguré.
Glaçante, effroyable, l'histoire de la mafia et de ses Luttes fratricides est retracée ici, mais l'écriture de Giosuè Calaciura ne cherche pas la minutie du compte rendu journalistique, elle brasse au contraire te réel et l'imaginaire, le sordide et le grandiose dans une langue poétique aux accents d'un baroque moderne.

Né en 1960 à Palerme, Giosuè Calaciura est journaliste et écrivain pour te théâtre et ta radio, et son précédent roman, Passes noires, a été finaliste à l'un des prix littéraires italiens les plus prestigieux, le Campiello.

«Nous n'étions plus rien. À partir du moment où nous dûmes les tuer tous les trois, monsieur le juge, même si un seul d'entre eux était la cible de la haine qui nous fut transmise au moment même où le massacre nous était commandé. Les deux autres devaient mourir en raison de la propriété transitive des parentés et des affiliations, monsieur le juge, l'un parce que c'était son fils aîné, un fils de pute de treize ans, un gamin, monsieur le juge...»





  • La revue de presse Fabio Gambaro - Le Monde du 4 mai 2007

De Calaciura, en France on connaissait déjà Passes noires, une bouleversante plongée dans l'enfer des prostituées africaines échouées en Italie. Avec Malacarne, son premier et impressionnant roman écrit il y a presque dix ans, l'écrivain sicilien nous entraîne aujourd'hui dans le gouffre amoral d'une criminalité mafieuse privée de toute aura romantique et légendaire.


  • La revue de presse Agnès Séverin - Le Figaro du 12 avril 2007

Dans ce premier roman du journaliste Giosuè Calaciura, la peur constante rend même le narrateur lyrique. Le coeur s'affole, l'imagination s'emballe et le sale boulot se fait par réflexe...
Dans cette science-fiction inspirée d'une part de réalité, chacun se contente de regarder «l'histoire des hommes qui avance sur la pointe du couteau et sur le calcul du profit à moindre coût». D'assister au spectacle de ce «nouveau cercle de l'enfer» où, dans l'engrenage d'un pouvoir barbare, de moins que rien on devient très vite plus rien du tout.



  • Les premières lignes

Nous n'étions plus rien. À partir du moment où nous dûmes les tuer tous les trois, monsieur le juge, même si un seul d'entre eux était la cible de la haine qui nous fut transmise au moment même où le massacre nous était commandé. Les deux autres devaient mourir en raison de la propriété transitive des parentés et des affiliations, monsieur le juge, l'un parce que c'était son fils aîné, un fils de pute de treize ans, un gamin, monsieur le juge, l'autre parce que c'était le gendre, un malaminchiata, un foireux de vingt-neuf ans, visqueux et entreprenant, devenu mari de la fille de notre cible suite à un enlèvement déguisé.
Nous devions les tuer tous les trois à neuf heures trente, à l'intérieur de la petite halle de quartier où, par un accord tacite entre la Municipalité et les marchands ambulants sans licence, il était autorisé et même nécessaire de tenir un marché le mardi pour les retraités au pas lent et les ménagères despotiques, monsieur le juge, par cette magnifique journée de cette fin mai.
Notre groupe de feu était composé de douze affiliés de premier rang choisis pour leur talent et leur bravoure dans le maniement des pistolets plutôt que des fusils à canon scié, disproportionnés et inutiles dans la stratégie de cette embuscade, sélectionnés scrupuleusement parmi les quarante familles qui gouvernaient encore le monde selon la mesure du juste calibre de nos armes, selon le poids exact de l'équité et de la punition.
Seuls trois d'entre nous, moi inclus, devaient mener à son terme cette ammazzatina, ce massacre réglementaire selon les formes usuelles du décorum funèbre signé de notre main, afin qu'il soit rappelé une fois de plus et sans erreur qui étaient les juges et les bourreaux de la justice de toujours.
Chacun de nous trois avait un suppléant qui suivait discrètement à dix mètres de distance, pour le cas où notre premier assaut aurait été dispersé en raison d'un sort contraire ou de l'intuition qui s'aiguise quand on devient victime, et pour ne pas accorder d'autre délai que celui des fractions d'infinité de la mort, du passage de la stupeur à la conscience sans retour.


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