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Les passions intellectuelles. Volume 3, Volonté de pouvoir

Couverture du livre Les passions intellectuelles. Volume 3, Volonté de pouvoir

Auteur : Elisabeth Badinter

Date de saisie : 21/06/2007

Genre : Histoire

Editeur : Fayard, Paris, France

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 978-2-213-62643-7

GENCOD : 9782213626437


  • La présentation de l'éditeur

Les savants et les philosophes qui constituaient auparavant la République des Lettres écrivaient principalement pour convaincre leurs pairs.
Ils dépendaient du pouvoir et des grands. Avec l'émergence, au milieu du XVIIIe siècle, d'une opinion publique éclairée et de plus en plus puissante, le pouvoir change de camp. On voit naître chez les intellectuels trois " passions " successives qui ont fait l'objet de cette trilogie d'Elisabeth Badinter. Dans les deux premiers volumes, qui évoquaient respectivement " le désir de gloire " et " l'exigence de dignité ", nous avons vu les intellectuels solliciter les applaudissements du public puis revendiquer à la fois leur indépendance à l'égard des grands et un statut d'autorité morale.
Dans le dernier volume que nous publions ici, on observe la naissance de la troisième grande passion intellectuelle : " la volonté de pouvoir ". Dans les années 1760, l'aura des philosophes est telle qu'ils sont de plus en plus courtisés par les rois et les princes étrangers. On recherche leur onction pour se faire une réputation de souverain éclairé. Ils se rêvent conseillers du prince, voire souhaitent entrer eux-mêmes en politique...
Diderot, d'Alembert, Helvétius ou Voltaire vont mesurer, chacun à sa façon, les limites de leur pouvoir.

Philosophe, observatrice de l'évolution des mentalités et des moeurs, Elisabeth Badinter clôt ici sa réflexion sur ces " passions intellectuelles " du siècle des Lumières qui sont encore les nôtres aujourd'hui.



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  • La revue de presse Jean-Yves Grenier - Libération du 21 juin 2007

Ce dernier volet de la saga consacrée par Elisabeth Badinter aux intellectuels de l'époque des Lumières ne déçoit pas. L'auteur n'a pas son pareil pour restituer de façon captivante, sur un mode presque romanesque, les combats et les difficultés des encyclopédistes. Dans ce tome consacré à la période 1762-1778, l'intérêt porte sur le pouvoir, et plus précisément la relation ambiguë que les philosophes entretiennent avec les princes européens soucieux d'apparaître comme des «despotes éclairés». Nulle surprise, donc, à ce qu'aucune place ne soit faite au Contrat social, pourtant publié en 1762, et à Jean-Jacques Rousseau qui préfère «la société de ses égaux» à la fréquentation des Grands avec lesquels il n'y a «que des vices à gagner». Les vrais héros, parfois tragiques, de ce livre sont d'Alembert et Diderot, soucieux d'exercer une influence sur les rois en les convertissant à «la philosophie».


  • La revue de presse Laurent Lemire - Lire, mai 2007

Elle a voulu comprendre pourquoi ces hommes illustres étaient tant attirés par le pouvoir tout en s'en méfiant, un peu comme ces papillons de nuit qui ne peuvent s'empêcher d'aller vers la flamme qui le plus souvent brûlera leurs ailes...
En désespoir de cause, ils s'abîment dans la langueur ou s'abandonnent à l'utopie. On retrouve cette disposition dans ce livre où Elisabeth Badinter explore le quotidien de ces gens peu ordinaires, tiraillés entre le besoin de savoir et celui de faire savoir...
Avec une belle maîtrise du récit, Elisabeth Badinter nous montre ces philosophes au travail, le plus souvent dans les antichambres des palais, cherchant à faire passer une missive au prince, une idée à un ministre, bref à exister. Et lorsqu'ils arrivent au pouvoir comme Turgot et Malesherbes, les applaudissements fusent, mais l'expérience ne dure guère. Confrontés à la réalité de la chose politique, les beaux esprits s'émoussent et finissent par perdre leur crédit auprès d'un Louis XVI qui croyait bien faire.


  • La revue de presse Jacques de Saint Victor - Le Figaro du 26 avril 2007

Voltaire, Diderot, d'Alembert, d'Holbach, Helvétius, etc., c'est avec l'étude de la vie et des controverses entre ces penseurs qu'Élisabeth Badinter achève le troisième et dernier volume de son entreprise, commencée en 1999, consacrée à l'examen des passions intellectuelles au siècle des Lumières, son siècle de prédilection. Après avoir examiné la naissance de ces réseaux, à l'époque de l'Encyclopédie, puis suivi leur essor, notamment grâce au courage de Voltaire à l'époque de l'affaire Calas, la voilà maintenant confrontée à la troisième étape, celle des marches du trône. Volonté de pouvoir est le sous-titre de ce volume fort agréable à lire, consacré aux années 1762-1778. Il s'agit bien de pouvoir en effet : nos philosophes ont acquis une telle renommée que les rois et les princes de l'Europe les courtisent et les flattent. Et nos bons esprits ne se montrent pas insensibles à ces attentions princières ; on commence à voir la philosophie fréquenter les antichambres des palais...
La philosophie continuera à se vivre comme au temps de la condamnation de L'Esprit des lois alors qu'elle est désormais au coeur du pouvoir. Tocqueville pourra écrire à juste titre que ce sont les hommes de lettres qui désormais donnent le ton à la veille de la révolution. Mais pour quel résultat ? C'est peut-être là où l'enquête minutieuse de Mme Badinter est la plus intéressante. Le clan philosophique perd tout dans cette course au pouvoir.


  • La revue de presse Marc Riglet - L'Express du 19 avril 2007

Il faut lire ces Passions pour, au moins, trois raisons. La première, parce qu'Elisabeth Badinter sait, comme nulle autre, faire tenir ensemble les vies et les oeuvres. Nous avons pris l'habitude, scolaire, d'une saisie principalement littéraire et philosophique de nos Lumières. Il y manque les bains historique et politique. Elisabeth Badinter nous y plonge en séquençant les temps de l'entreprise savante qu'est l'Encyclopédie, puis ceux de l' «engagement», qui culminent avec Voltaire et l'affaire Calas, et ceux, enfin, de la «volonté de pouvoir», où s'éprouvent les tentations de conseiller le prince tandis que se dissipent les illusions de la monarchie éclairée.
La deuxième raison de se plonger dans ces Passions intellectuelles au XVIIIe siècle, c'est leur actualité brûlante. Tout se met en place au mitan du XVIIIe, qui installe le rôle et les fonctions de l' «intellectuel». L'opinion, dont il est à la fois le maître et l'esclave. Les grandes causes, qui jurent tant avec son petit ego...
J'allais oublier la troisième raison de lire sans retard ce troisième tome des Passions intellectuelles : l'érudition s'y fait si légère qu'elle est le plaisir même de la lecture.


  • La revue de presse Jean-Marie Goulemot - Le Monde du 13 avril 2007

Avec ce volume, s'achève le projet défini par Elisabeth Badinter : "Parcourir le XVIIIe siècle de 1730 à l'apothéose voltairienne de 1778" et tenter de révéler les formes des passions intellectuelles à la française. Avec d'abord le Désir de gloire (1735-1751) (tome I des Passions intellectuelles, 1999), ensuite Exigence de dignité (1751-1762) en 2002, La Volonté de pouvoir achève la saga. Car il s'agit aussi d'une saga des philosophes en quête de gloire, d'une reconnaissance dans une société qui méconnaît leurs mérites, et où ils se trouvent soumis aux tentations du pouvoir. Elisabeth Badinter informe (les sources manuscrites ou livresques sont abondantes, les notes précises et érudites sans excès), en même temps qu'elle met en scène une histoire qui couvre une période de plus de quarante ans. Les Passions intellectuelles confirment son réel talent de conteuse. Rien de moins ennuyeux donc que ce voyage européen chez les philosophes, dans les arcanes du pouvoir et des institutions culturelles, même pour ceux qui ont blanchi sous le harnais des études dix-huitièmistes.


  • La revue de presse Mona Ozouf - Le Nouvel Observateur du 12 avril 2007

Dans le tome III de ses «Passions intellectuelles», Elisabeth Badinter décrit le goût des monarques pour les penseurs. Le merveilleux XVIIIe siècle, où Elisabeth Badinter circule avec l'intelligente souplesse que donne une longue familiarité, a son moment béni, sur lequel elle clôt son exploration des «passions intellectuelles» : les années, entre 1762 et 1778, où la philosophie peut se croire la reine des rois. Ces derniers viennent en effet de s'aviser que «les princes seulement princes» ne sont rien sans l'onction des philosophes, seule capable de les faire passer à la postérité. Quant aux philosophes, devant ces despotes désormais «pénétrés de leurs obligations», ils croient toucher la terre du gouvernement rationnel. Entre les uns et les autres, Elisabeth Badinter excelle à dessiner le ballet de la séduction réciproque.



  • Le bouche à oreille des écrivains

Jean-Pierre Gredy - 11/06/2007


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