Auteur : Andrea Del Lungo | Boris Lyon-Caen
Date de saisie : 12/04/2007
Genre : Sciences humaines et sociales
Editeur : Presses universitaires de Vincennes, Saint-Denis, France
Collection : Essais et savoirs
Prix : 25.00 € / 163.99 F
ISBN : 978-2-84292-194-1
GENCOD : 9782842921941
Sorti le : 05/04/2007
Indices, traces, symptômes... Qu'est-ce qui fait signe dans le roman ? Quel rapport le roman du XIXe siècle entretient-il avec la question herméneutique ? Dans une société hantée par le spectre de l'opacité et de l'insignifiance, le déchiffrement et l'interprétation des signes offrent, en même temps qu'une traversée du réel, un accès véritable à la connaissance.
Le présent ouvrage étudie les mille et une formes narratives prises au XIXe siècle par le «paradigme indiciaire» (Carlo Ginzburg), chez Stendhal comme chez Huysmans, chez Gautier comme chez Flaubert, dans la représentation des corps comme dans la conduite de l'intrigue.
Andréa Del Lungo
Temps du signe, signes du temps. Quelques pistes pour l'étude du concept de signe dans le roman du XIXe siècle
Pourquoi (encore) le signe ? Lorsque nous avons commencé à réfléchir à la question du signe, dans le cadre de ce travail collectif, nous est apparue la spécificité de sa configuration au XIXe siècle, spécificité que l'on retrouve à la fois dans les acceptions du terme lui-même et, de manière plus vaste, dans les différents systèmes d'intelligibilité émergeant à l'époque et dans les différents usages qu'en ont fait la littérature, comme d'autres disciplines des sciences humaines et naturelles. La question herméneutique traverse ainsi l'ensemble des champs du savoir et semble acquérir au XIXe siècle une importance cruciale. Selon Carlo Ginzburg, un véritable «paradigme indiciaire» se constitue alors, fondé sur le repérage de formes sensibles s'offrant à l'interprétation, dans lequel le concept de signe recouvre un large spectre de significations et de pratiques '. Par exemple, si la reconstitution du passé met en oeuvre le relevé des indices, des traces, et leur déchiffrement, l'analyse des signes de reconnaissance autorise catégorisations et hiérarchisations. Ailleurs, le corps s'expose, s'exprime, délivre ses symptômes ; tandis que les rites, la mise en spectacle rendent visible le signe dans l'espace social. Il est alors évident que s'occuper du concept de signe, comme l'affirmait Umberto Eco il y a trois décennies, revient à s'occuper de tout. Car le monde est un système de signes, voire un système de système de signes.
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