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Riverains rêveurs du métro Bastille

Couverture du livre Riverains rêveurs du métro Bastille

Auteur : Cyrille Fleischman

Date de saisie : 20/06/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Dilettante, Paris, France

Prix : 15.00 € / 98.39 F

ISBN : 978-2-84263-138-3

GENCOD : 9782842631383

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Riverains rêveurs du métro Bastille

Sur la ligne 1, toujours. Mais une station plus loin, vers l'est. Les héros de Fleischman, longtemps, ont battu l'espace, hanté ce terroir inusable qu'est le Marais, périphérique à la sortie du métro Saint-Paul, coeur du monde, ombilic et épicentre des êtres et des choses. Là, sur la ligne de ce recueil aux quatorze stations avec arrêts brefs, ils franchissent les colonnes d'Hercule et descendent à Bastille. Ils y hantent ces forêts obscures que sont les cinémas assaillis de Cinémascope et fleurant bon le shampoing à moquette, s'y croisent, s'y lient d'amour, rencontrent des héros de films débarqués de l'écran, Balzac en conseil marital, organisent des ventes de charité, pianotent du Gershwin, écrivent des livres sans importance, se font représentant en sous-bois tranquille. Avec la virtuosité d'un placier en merveilles, Fleischman nous offre quatorze contes urbains, autant de tableautins cocasses et fantastiques agrafés aux pans d'un manteau sans âge. Bastille, nouvelle Arcadie !

Cyrille Fleischman est né en février 1941 à Paris, dans le IIIe arrondissement. Il a passé une partie de son enfance, après guerre, dans l'arrière-cour d'une petite synagogue du Marais en regrettant peut-être de ne pouvoir aller, à la place, jouer au football comme tout le monde. Mais sans doute y a-t-il trouvé la part d'imaginaire ashkénaze qui nourrit ces nouvelles...





  • La revue de presse Martine Laval - Télérama du 20 juin 2007

Cyrille Fleischman fait partie de ces écrivains qui publient rarement mais sûrement. Il fait court, toujours, s'en tient à la nouvelle comme un forcené - certains diront que c'est du gâchis, qu'un roman, n'est-ce pas, c'est la voix royale ; d'autres admireront, comme nous, la fidélité à un genre qui lui va comme un gant... de velours...
C'est réjouissant, gentiment méchant, et si bien écrit qu'on lui pardonne son inconstance, rien qu'un caprice sans doute. Car à la Bastoche comme dans le Marais, ça se bouscule pour un rien dans les quincailleries ou les pâtisseries - chamailleries de couples, rivalités de voisins, et familles gaiement mises en charpie.


  • La revue de presse Christine Ferniot - Lire, juin 2007

Cyrille Fleischman fait revivre le Marais des années 50 : une galerie de portraits loufoques et décalés...
En y regardant de plus près, on voit que l'auteur respecte des contraintes narratives que l'Oulipo ne mépriserait pas. Mais ce qui l'intéresse avant tout, c'est de nous offrir sa conception d'un monde passé sans être figé, une morale douce et riante où les commerçants finissent toujours par s'associer. Le nouvelliste ne joue pas la carte de la nostalgie version télévision, il nous offre des contes urbains, noirs et cocasses, où les marchands de couleurs de la rue Lesdiguières, les vendeurs de cravates en soie de la rue Saint-Antoine et les bonnetiers de la rue Beautreillis sont les maîtres absolus.



  • Les premières lignes

Entre le cinéma Saint-Sabin et le cinéma Saint-Paul

Il y avait un cinéma, un cinéma seulement, que fréquentaient les Statisch (les Statisch de Statisch, hommes et dames, une boutique minuscule et invisible, située à un endroit où même une boutique grande et tout à fait visible n'aurait pas eu beaucoup de clients en ces années-là), il y avait un cinéma donc qu'ils fréquentaient : le Saint-Sabin, à côté de chez eux.
Pour Jacques Statisch toutes les autres salles de Paris manquaient de chaleur humaine. Ou bien, disait-il encore, ce qu'on y donnait valait zéro question bon cinéma.
Il ne voulait même pas marcher jusqu'au Lux-Bastille qui pourtant n'était pas loin.
D'ailleurs, il ne fréquentait pas non plus les salles du faubourg Saint-Antoine, ni celle au début du boulevard Richard-Lenoir qui toutes étaient proches. C'était dire qu'à une cousine de madame habitant près du grand cinéma Saint-Paul et qui leur proposait parfois de venir en famille rue Saint-Antoine, Jacques Statisch répondait en mettant son doigt sur le front, signe universel de la folie.
Le Saint-Sabin, encore une fois, était le seul cinéma qu'il voulait connaître à Paris.
Le Saint-Sabin, rien que le Saint-Sabin ! Juste à côté.
Sa femme, elle, était attirée par l'inaccessible cinéma de la cousine. D'autant qu'il y avait là-bas des attractions avant le film.


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