Auteur : Clarence J. Glacken
Date de saisie : 11/04/2007
Genre : Sciences humaines et sociales
Editeur : Ed. du CTHS, Paris, France
Collection : Format, n° 60
Prix : 15.00 € / 98.39 F
ISBN : 978-2-7355-0612-5
GENCOD : 9782735506125
Ce volume représente la quatrième et dernière partie d'un ouvrage publié en 1967 sous le titre Traces on the Rhodian Short et sous-titré Nature and Culture in western thought from ancient times to the end of eighteenth century.
L'auteur développe trois thèmes essentiels que les savants, les philosophes et les théologiens n'ont cessé d'aborder depuis les origines de l'humanité :
° le thème d'une Terre destinée à l'homme, conçue pour l'humanité ;
° le thème des influences de l'environnement sur les peuples ;
° le thème de l'action géographique des hommes, de la transformation humaine de l'interface terrestre.
Les Lumières du XVIIIe siècle renouvellent les regards et la pensée géographique à l'égard de ces trois thèmes. Les progrès scientifiques et techniques, les explorations et les voyages, les prémices de la mondialisation économique, l'entrée en scène de «théories» des climats, de la population... modifient profondément les idées des hommes sur leur rapport à la nature et les questionnent différemment. Leibniz. Fontenelle, Rousseau. Condorcet, Kant mais surtout Montesquieu, Buffon et Malthus apportent des contributions essentielles, ainsi que des auteurs de langue anglaise moins connus de l'Europe continentale. Ces écrits annoncent Humboldt, Goethe et Darwin.
Mais dans le même temps, la continuité des idées et des débats demeure impressionnante de la «seconde nature» de Cicéron à la «nouvelle nature» de Buffon.
Clarence Glacken, grâce à sa culture et sa hauteur de vue mais aussi à son amour de la Terre et de ses habitants, élabore une passionnante histoire de la pensée géographique occidentale, une histoire d'une étonnante actualité.
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Essai introductif
Il faut attendre le XVIIIe siècle pour voir les penseurs discuter les questions de culture et d'environnement avec autant de profondeur et de perspicacité. Ils acquièrent alors une meilleure compréhension de la société humaine que par le passé ; ils se détachent d'une approche abstraite de l'humanité et de l'individu. Ils prennent également leurs distances avec la vieille conception religieuse, encore populaire au XVIIIe siècle, de l'homme comme une espèce «amphibie» entre une essence corporelle et une essence spirituelle, ainsi que le désignait Sir Thomas Brown. Ces idées persistent pendant le XVIIIe siècle, mais elles ne peuvent plus satisfaire les chercheurs en quête de savoirs approfondis sur les liens sociaux, les traditions, le caractère national, les influences environnementales sur la vie des nations et des individus - à la recherche d'une meilleure compréhension des complexités de la vie humaine, de la société et de l'histoire. Les progrès sont constants dans le domaine des sciences naturelles ; le XVIIIe est le siècle des grands naturalistes : Linné, Buffon, Bonnet, Bernardin de Saint-Pierre, Peter Simon Pallas et Sir Joseph Banks. (...)
Plus tard, dans les oeuvres du comte de Buffon, en particulier dans la dernière partie des Epoques de la nature, l'idée de l'homme comme un acteur des changements de l'environnement aussi puissant que d'autres agents géographiques et géologiques, tels que l'eau et le vent, devient un concept important dans la compréhension de la relation entre l'humanité et la nature vivante ou inanimée. Bien qu'on décèle souvent chez Buffon des réminiscences des théories environnementales, il souligne leurs points faibles en démontrant sans relâche le pouvoir de la créativité humaine.
Ces courants de pensée complexes sont représentés par Buffon, Herder, Hume, Kant, Malthus et Montesquieu.
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