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La psychanalyse est-elle un exercice spirituel ? : réponse à Michel Foucault

Couverture du livre La psychanalyse est-elle un exercice spirituel ? : réponse à Michel Foucault

Auteur : Jean Allouch

Date de saisie : 11/04/2007

Genre : Psychologie, Psychanalyse

Editeur : EPEL, Paris, France

Prix : 14.00 € / 91.83 F

ISBN : 978-2-908855-92-0

GENCOD : 9782908855920

Sorti le : 27/03/2007

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  • La présentation de l'éditeur

En récusant qu'elle soit une psychologie (avec ou sans pro­fondeur), un art, une religion, une magie et même une science, Lacan aurait-il laissé la psychanalyse comme flottant en l'air, ne sachant plus ce qu'elle est ni où elle est ? Jacques Derrida la tenait pour un discours instable et insituable, mais «discours» ne va pas non plus.

Pourtant, en 1982, dans son cours sur «l'herméneutique du sujet», Michel Foucault adressait aux psychanalystes une proposition effective. La psychanalyse n'a pas su, notait-il, se penser «dans le tranchant historique de l'existence de la spiritualité et de ses exigences». Partant, elle se serait faite oublieuse de cela même qu'elle est : une expérience spirituelle, par laquelle, via un autre, le sujet opère sur lui-même les transformations nécessaires pour accéder à sa vérité.

Seul Lacan, ajoutait Foucault, n'aurait pas participé de cet oubli. De là trois questions : y a-t-il lieu d'accréditer cette généalogie de la psychanalyse que bâtit Foucault ? Qu'en est-il de la spiritualité chez Lacan ? et chez Freud ?

Jean ALLOUCH exerce la psychanalyse à Paris. Derniers ouvrages parus : Ombre de ton chien. Discours psychanalytique, discours lesbien (Epel, 2004), Ça de Kant, cas de Sade (l'Unebévue éd., 2001), Le Sexe du maître. L'Erotisme d'après Lacan (Exils, 2001).





  • Les premières lignes

Envoi

L'action de Michel Foucault visait au-delà de «la pensée». Quel qu'en soit le terrain, ses interventions étaient indissociablement théoriques et politiques. La remarque, faite après bien d'autres, dont Gilles Deleuze, apparaît aujourd'hui simplement banale. Mais surtout ces interventions, affaire de style, étaient averties de leurs propres limites et proches en cela de celles du psychanalyste : pas question, par exemple, de parler au nom de ceux qui se trouvaient emprisonnés, ni même de leur indiquer comment agir ; en revanche, susciter leur action, cela, oui, était possible. En 1978, Foucault s'en explique :

Et si je ne dis pas ce qu'il faut faire, ce n'est pas parce que je crois qu'il n'y a rien à faire. Bien au contraire, je pense qu'il y a mille choses à faire, à inventer, à forger par ceux qui, reconnaissant les relations de pouvoir dans lesquelles ils sont impliqués, ont décidé de leur résister ou de leur échapper. De ce point de vue, toute ma recherche repose sur un postulat d'optimisme absolu. Je n'effectue pas mes analyses pour dire : voilà comment sont les choses, vous êtes piégés. Je ne dis ces choses que dans la mesure où je considère que cela permet de les transformer.

Cette discrète, subtile et active abstention a fort bien été perçue. On n'en veut pour preuve qu'une étrange déclaration d'amour qui vous sautait au visage les 2-3 octobre 2004 en parcourant les salles du Palais de Tokyo à Paris lors desdites «24 heures Foucault», déclaration modulée en diverses figures ici même reprises en couverture.


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