Auteur : Lucia Etxebarria
Traducteur : Maïder Lafourcade | Nicolas Véron
Date de saisie : 09/07/2007
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Ed. Héloïse d'Ormesson, Paris, France
Prix : 22.00 € / 144.31 F
ISBN : 978-2-35087-052-6
GENCOD : 9782350870526
Lavapiés. Un quartier populaire en plein Madrid, mosaïque de cultures et de couleurs. Une rumeur le sillonne, il se contracte ou s'enflamme. En son coeur, un centre associatif, avec ludothèque et garderie. Jeunes et vieux s'y croisent. Téléopératrice fauchée, dealer, éducatrice végétarienne, clandestin, môme hyperactif sont autant de personnages en quête d'identité qui s'aiment, virevoltent, se ratent, sans jamais se mélanger.
Comédie humaine survoltée et tendre à la fois, Cosmofobia capte l'essence même de notre société métissée et fragmentée.
Née en 1966, longtemps rebelle, Lucia Etxebarria a connu un succès immédiat avec son premier roman, Amour, Prozac et autres curiosités.
Elle a remporté, entre autres, le prix Planeta 2004 pour Un miracle en équilibre.
Depuis Aime-moi, for favor ! elle affirme son féminisme, comme en témoigne Ya no sufro por amor, son dernier best-seller. Elle vit à Madrid.
Parlant des autres, Lucia Etxebarria parle de nous. Partant du coin de sa rue, elle déchiffre le monde d'aujourd'hui.
Lucia Etxebarria fait corps avec ses personnages. On sent qu'elle connaît bien son petit monde, l'écoute, s'en inspire, avec empathie. Et même amour... Il en est ainsi des écrivain(e)s de talent, ni tout à fait dedans ni tout à fait ailleurs...
Pour Lucia Etxebarria, les «autres sont un je»... C'est d'ailleurs l'accroche de ce roman d'actualité. Puisqu'il y est question d'immigration, d'intégration, de métissage... et des difficultés à vivre ensemble, avec nos différences...
«Cosmofobia» est un roman d'autofiction, en forme de recueil de nouvelles, qui décrit une farandole de personnages. Lesquels s'entrecroisent, comme dans la vie, comme dans certaines rues, certaines tranches de vie, certains chapitres... Celui sur la téléopératrice, fauchée et exploitée, est passionnant. Pour elle aussi, les histoires d'amour finissent mal... en général. Le truc de Lucia Etxebarria, c'est décidément l'amour. Son précédent livre («Ya no sufro por amor»), à paraître chez Héloïse d'Ormesson en 2008, s'est hissé en quatre jours sur la liste des meilleures ventes espagnoles
Prenez un quartier populaire de Madrid, Lavapiés, et observez au télescope ce qu'il s'y trame, comment on y tombe amoureux, élève ses enfants, rompt ses fiançailles. Derrière ce labyrinthe de vies et de personnages, démêlant l'écheveau de leurs sentiments, il y a un auteur, Lucia Etxebarria. Depuis Amour, Prozac et autres curiosités, cette romancière à succès darde sa plume comme un fleuret, pour traiter avec impudeur et truculence de l'amour, du désamour et des éternels va-et-vient de la mélancolie...
À travers ces portraits, Etxebarria nous dresse un catalogue épicé de toutes ces pathologies qui poussent sur les trottoirs des villes comme du chiendent. Sans misérabilisme, mais avec du nerf et du rire.
Mon amie Mónica m'a souvent raconte cette anecdote, par laquelle j'ouvre ce livre d'histoires entrecroisées.
Au début des années quatre-vingt, alors qu elle était encore au lycée, elle avait pour ami et camarade de classe un homosexuel qui n'était pas sorti du placard ni même encore passé à l'acte. Sa famille comme ses amis ignoraient tout de ses penchants, et il n'avait révélé son secret à Mónica qu'au terme de semaines entières de malentendus, après avoir ingurgité des litres d'alcool. Un soir, Aritz supplia son amie de l'accompagner dans les bars de Chueca, ces antres qu'il ne connaissait pas mais dont il se faisait une petite idée pour avoir lu dans une revue des allusions à la clientèle (il faut se rappeler qu'il n'y avait alors ni Internet, ni répondeurs, ni téléphones portables, et que le mot gay n'existait pas, encore moins le concept de gay pride), de sorte qu'ils échouèrent dans un bar branché où Mónica était la seule fille. Elle n'avait même pas dix-sept ans, et donc pas le droit de boire de l'alcool. Aritz engagea la conversation avec un très beau mec, et Mónica, livrée à elle-même et mal à l'aise, se cramponna au comptoir lorsqu'un jeune homme rondouillard, au nez en patate et aux cheveux frisés, l'aborda. Elle se dit qu'il devait être tout aussi seul qu elle, car étant donné son physique ingrat, personne ne faisait attention à lui. Ils se mirent à parler ciné et musique, et le jeune homme finit par lui proposer de la raccompagner chez elle. Si elle n'avait pas l'âge de boire, elle avait assez d'expérience pour comprendre que la proposition ne dissimulait aucune arrière-pensée. Devant son immeuble, il lui dit qu'il avait écrit le scénario d'un long métrage et qu'il cherchait une jeune fille pour tenir le rôle d'une certaine Bom, avant de lui donner son numéro de téléphone, griffonné sur un bout de papier qu'elle jeta une fois rentrée chez elle. Le rôle de Bom fut finalement interprété par Alaska, alias Olvido ; le garçon était Pedro Almodovar.
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