Auteur : Alain Briottet
Date de saisie : 06/04/2007
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Rocher, Monaco, France
Collection : Littérature
Prix : 17.00 € / 111.51 F
ISBN : 978-2-268-06198-6
GENCOD : 9782268061986
Sorti le : 29/03/2007
Dans douze nouvelles lumineuses et, en même temps, profondes comme l'absence qui suit un départ, Alain Briottet a le talent de nous attacher à quelques personnages - et l'art de nous y attacher très vite, en quelques lignes. Hommes ou femmes parfaitement classiques et modernes en même temps - tout comme Boston -, côtoyés dans un bureau, au concert, dans un club de jazz un soir, ou le temps de marcher un moment côte à côte sur un trottoir - et même le prêtre de la paroisse du petit Jack Kerouac, dont on oublie que, à sa manière, c'était aussi un Bostonien ! Car, en poste à Boston avant d'être bientôt envoyé ailleurs, le narrateur n'a guère le temps de nous les faire connaître, ces personnages. Aussi nous les fait-il sentir ou deviner, ce qui est bien plus habile pour que nous ne les oubliions pas. À la première ligne, nous étions déjà en partance; à la dernière, c'est presque comme si nous restions... Alain Briottet ou l'art de l'attachement.
Diplomate, Alain Briottet a servi en Europe, en Asie et en Amérique, où il a été notamment en poste à Boston.
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FIN D'APRÈS-MIDI D'UN DIMANCHE D'HIVER
Quand je sortis de chez les Wick, une neige fine tombait en légers tourbillons sur West Cedar Street et le ciel, au-dessus de Beacon Hill, était presque rose, sous l'effet d'un soleil qui s'y cachait à peine.
Il ne faisait pas froid, l'air était doux et la gaieté des flocons m'invitait à entrer dans leur danse.
La fin de cet après-midi d'hiver avait quelque chose de paisible, de presque alangui, qui me donnait envie de prolonger le jour.
Je décidai de rentrer à pied, chez moi, sur Commonwealth Avenue.
Je tournai sur Pinckney Street et je commençai à descendre la colline de Beacon, ne sachant pas encore si j'irais à gauche pour flâner le long de Charles Street, ou bien si j'opterais pour la droite, en vue d'entreprendre un plus longue promenade, jusqu'aux abords de la Charles River glacée.
Une foule nombreuse déambulait sur Charles Street. Des joggers se faufilaient entre les piétons, parfois même entre les voitures, qui roulaient lentement sur la chaussée couverte d'un épais tapis neigeux. Des passants s'arrêtaient devant les vitrines des magasins décorées pour Noël, ou devant des sapins entassés sur le trottoir. Les vendeurs disaient que les arbres venaient du Maine et les proposaient à bas prix.
Arrivé à Charles Street, ma décision était prise, il était trop tard pour aller jusqu'à la rivière et faire le détour par l'esplanade du Hatch Shell. Je marcherai donc un peu dans la rue, puis j'irai passer un moment au Dolce Momento Café. J'y allais presque tous les dimanches pour déjeuner et lire les journaux. Mon programme avait été un peu modifié aujourd'hui par l'invitation chez les Wick, mais je voulais y terminer mon après-midi.
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