Auteur : Manuel Vazquez Montalban
Traducteur : Denise Laroutis
Date de saisie : 06/04/2007
Genre : Policiers
Editeur : Points, Paris, France
Collection : Policiers, n° 1660
Prix : 9.00 € / 59.04 F
ISBN : 978-2-7578-0355-4
GENCOD : 9782757803554
Sorti le : 22/03/2007
Pepe Carvalho est sur la sellette, suspecté d'avoir assassiné un célèbre sociologue. Les preuves sont accablantes et les témoins nombreux. Aussi la meilleure issue reste-t-elle la fuite... Des réseaux terroristes de Bali en passant par le Bosphore, Bangkok, l'Australie et l'Afrique, Pepe Carvalho arpente les espaces de sa mémoire au cours d'une ultime aventure et déboussole le lecteur, dans un jeu de piste époustouflant.
«Que savez-vous de Pepe Carvalho ?»
Essayiste, poète et romancier, Manuel Vázquez Montalbân (1939-2003) a reçu le Premio nacional de las Letras pour l'ensemble de son oeuvre en 1995. Il est mort avant la publication posthume de Milenio, qui clôt ainsi le cycle des aventures du détective catalan Pepe Carvalho, héros de ses romans policiers, tous en Points.
«Le lecteur se régale à chaque page et n'en perd pas une miette, faisant durer le plaisir le plus longtemps possible...»
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Carvalho consulta sa montre et vit avec inquiétude que le défoulement nécrophilique se prolongeait outre mesure. Rome, le pape et Brindisi, plus quelque ruine inévitable, et, en chemin, peut-être, mettre au jour la finalité cachée dans la spontanéité d'un voyage qui pouvait passer pour une fuite en avant. Giuseppe Marino les accompagna jusqu'à la sortie et les pria, si ce n'était pas trop demander, d'accepter un lot de conserves de première qualité qu'il avait dans le coffre de sa voiture à usage d'échantillons.
«Pas de problème, chef, bienvenue à vos sardines parce que le voyage sera long et l'argent rare», avoua Biscuter ; aussitôt, la BMW de Marino vint se ranger à côté de la Ford Fiesta trentenaire de Carvalho, et plusieurs cartons de boîtes de petites sardines, de ventrèche de thon, de pétoncles et de palourdes transformèrent les vides de la voiture des Espagnols en rayon conserves d'un supermarché roulant.
Il fut nécessaire de se serrer la main avec intensité pour compenser l'amabilité de l'Italien, et spécialement affectueuse fut l'étreinte de Biscuter, qu'on aurait dit pendu au corps puissant du Génois, tandis qu'il claironnait :
«Ne baissez pas les bras. Gênes redeviendra le berceau de la résistance et nous vaincrons. Je ne sais pas quand, mais nous vaincrons. Avanti il popolo, a la riscossa, bandiera rossa !»
Sur l'autoroute, Carvalho examinait Biscuter du coin de l'oeil et il finit par lui demander :
«"Nous vaincrons" ? Qui est-ce qui vaincra ?
- Le peuple.
- Nous vaincrons qui ?
- L'ennemi de classe. Vous ne vous en êtes jamais rendu compte, chef, mais j'ai toujours cru à la lutte des classes.
- Comment se fait-il que tu connaisses l'hymne du parti communiste italien ?
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