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Unreasonable behaviour, risques et périls : autobiographie

Couverture du livre Unreasonable behaviour, risques et périls : autobiographie

Auteur : Don McCullin

Traducteur : Daniel de Bruycker

Date de saisie : 19/04/2007

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Delpire, Paris, France

Collection : Des images et des mots, n° 5

Prix : 30.00 € / 196.79 F

ISBN : 2-85107-231-5

GENCOD : 9782851072313

Sorti le : 09/03/2007

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Unreasonable Behaviour, Risques et Périls, Don McCullin
Texte et photographies en noir et blanc de Don McCullin Pour la première fois en français, l'autobiographie du photographe de guerre.

Il aura fallu attendre plus de 20 ans pour que l'autobiographie de Don McCullin soit publiée en français. Autodidacte en photographie comme dans sa lecture du monde, c'est un homme à l'oeil limpide et innocent, incrédule devant la barbarie. A travers ses images publiées durant 20 ans dans le Sunday Times Magazine, il s'est voué à déranger le confort dominical de ses compatriotes en leur présentant ces injustices faites à l'homme par l'homme.

Entre l'érection du mur de Berlin au cours de l'été 1961 et son travail sur les ravages du sida en Afrique australe en 2001, Don McCullin n'a cessé de regarder les souffrances des autres à travers les conflits majeurs de ces quatre décennies. Un regard chargé de colère toujours, de tristesse aussi, de désespérance même, sur les inqualifiables cruautés infligées par les hommes à leurs semblables. Un regard empli d'incompréhension et de compassion tout à la fois, regard de solidarité à l'égard des plus faibles, des démunis, des réprouvés, des victimes de ces inacceptables situations.

Chypre divisée, le Congo meurtri, le Vietnam bombardé et torturé, le Moyen-Orient déchiré, le Biafra affamé, le Bangladesh ravagé, le Cambodge assassiné, le Salvador révolté, l'Irlande tourmentée, l'Irak insurgé.

Ni voyeur, ni chasseur, ni même vraiment chroniqueur ou historien, Don McCullin, autodidacte en photographie comme dans sa lecture du monde, est un homme au visage marqué mais à l'oeil limpide et innocent, incrédule devant la barbarie. A travers ses puissantes images publiées régulièrement durant vingt ans dans l'important Sunday Times Magazine, il se voue à déranger le confort dominical de ses compatriotes en leur présentant ces injustices faites à l'homme par l'homme à travers la planète. Dans sa photographie, il y a et Zola et Goya.

En même temps, il proclame sa propre culpabilité avec ses images impuissantes à changer le cours des choses... comme il n'a pu empêcher la mort de son père lorsqu'il avait quatorze ans, ou plus tard celle de ses proches.

Son regard demeure l'émouvant miroir de celui des sujets qu'il photographie, auxquels il s'identifie. Il est profondément solidaire. Et puis il y a l'Angleterre qu'il photographiera souvent entre les reportages de guerre. Et cette fois il y a du Dickens chez McCullin.

Une Angleterre qu'il continue de photographier aujourd'hui.

Personnage hors du commun, difficile à cerner de façon définitive, ses intérêts sont divers : les bords du Gange ; les paysages du Somerset ; les tribus perdues du Sud éthiopien ; les traces de l'empire romain autour du bassin méditerranéen. Mais toujours avec ce même regard profond et inquiet sur l'homme.

Il aura fallu attendre plus de vingt ans pour que cette autobiographie de Don McCullin, qui se termine en 1982, soit enfin publiée en français.

Elle nous amène à nous demander qui nous racontera le quart de siècle écoulé depuis, celui durant lequel le grand photographe de guerre a choisi de devenir un homme en quête d'une paix impossible.

Robert Pledge
Directeur de l'agence Contact Press Images





  • La revue de presse Brigitte Ollier - Libération du 19 avril 2007

Même s'il aborde les conflits médiatiques du XXe siècle, sans jamais en masquer l'absurdité, Don McCullin raconte aussi l'aventure d'un «indomptable petit voyou», né le 9 octobre 1935 à Londres ; puis s'immobilise au début des années 80, en compagnie de fantômes qui le hantent, «toutes ces victimes de tant de guerres»...
Le plus curieux pour le lecteur qui a déjà vu ces photographies, c'est de lire ces mots qui viennent comme une voix off doubler la tragédie. Qu'est-ce qu'on apprend de plus ? La tristesse du photographe, sa douleur, son sentiment d'impuissance. Mais ce n'est pas rien, justement, de savoir que ce drame l'a touché, le laissant «dans le doute et la confusion»...


  • La revue de presse Michel Guerrin - Le Monde du 6 avril 2007

McCullin est encore là parce que sa vie entière pue la mort. Quand on fait partie des meubles de l'enfer, on finit par se faire oublier. Après avoir lu son autobiographie, publiée en 1990, qui vient d'être traduite en français, on se dit que, vingt fois, il aurait dû y passer. Et pas seulement en prenant ses photos de guerre dans les années 1960 à 1980 - Chypre, Congo, Vietnam, Cambodge, Irlande du Nord, Biafra, Liban, Israël, Ouganda, Iran, Afghanistan, Salvador...
McCullin a l'art de raconter ses guerres. Il écrit comme il parle, d'une voix saccadée et précise. Il écrit aussi comme il photographie. Tout près des corps disloqués, mais avec une distance froide qui permet de donner chair aux sujets...
Bref, il est un des rares photographes de presse à avoir un style. Et ce livre, découpé en quarante récits, a lui aussi du style dans sa façon de tisser avec brio la grande et la petite histoire, la planète martyrisée et le parcours personnel chaotique...
McCullin est rongé par une énorme culpabilité. Celle d'être vivant, d'avoir bâti sa réputation sur le dos des morts...



  • Les premières lignes

L'école de la rue

1. LE CHAMP DE BATAILLE

C'est l'histoire de deux Anglais, deux frères depuis longtemps perdus de vue, qui se retrouvent, un jour de février 1970, sur un champ de bataille au fin fond de l'Afrique, en plein désert tchadien. L'aîné des deux - c'était moi - était là pour couvrir le vingtième conflit armé de sa carrière de photo-reporter. L'autre, engagé dans une guerre d'escarmouches contre des indigènes à cheval ou en dromadaire, c'était mon frère cadet Michael - alias le sergent McCullin (adjudant aujourd'hui) de la Légion étrangère française. On avait moins d'une heure pour renouer, le temps d'une escale entre deux avions dans ce coin aride entre tous ; on l'a passée à n'être d'accord sur rien.

Depuis qu'on s'était perdus de vue, on avait peut-être vu la guerre d'un peu trop près l'un et l'autre. Ni le photographe de guerre ni le légionnaire ne sont jamais loin des premières lignes. Parfois se retrouvant entre correspondants de presse, dans ces bars d'hôtels qui sont comme nos camps retranchés au coeur des zones de tension du monde entier, on se dit que, grâce aux techniques modernes, on aura vu le feu plus souvent que quiconque avant nous. Où les combattants - sauf ceux des forces spéciales et les mercenaires - ne participent en principe qu'aux conflits qui concernent leur pays, le reporter de guerre, lui, est de toutes les batailles : avant le Tchad, j'avais déjà vu le feu à Chypre, au Congo, à Jérusalem, au Biafra et dans la plupart des campagnes du Vietnam, et je le reverrais en Israël, au Cambodge, en Jordanie, au Liban, en Iran, en Afghanistan et jusqu'au Salvador. Autant de champs de bataille où j'ai perdu beaucoup de mes meilleurs amis - car, si le journaliste glane souvent ses meilleures infos à l'arrière, le photographe ne connaît que le front. Un peu par miracle, j'ai survécu à vingt ans de ce métier où celui qui fait de vieux os, comme on dit, finit souvent par y laisser sa peau, tels le grand Robert Capa ou Larry Burrows.


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