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Contes de Normandie et dAilleurs

Couverture du livre Contes de Normandie et dAilleurs

Auteur : Guy de Maupassant

Date de saisie : 20/05/2007

Genre : Folklore Moeurs et coutumes

Editeur : Découvrance, La Rochelle, France

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 978-2-84265-493-1

GENCOD : 9782842654931

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  • La présentation de l'éditeur

Cet ouvrage réunit une vingtaine de contes de Normandie, où Guy de Maupassant (1850-1893) passa son enfance. La plupart de ces récits ont tout d'abord étaient publiés dans la presse, en particulier dans la revue Gil Blas.
«- Un' bête. Vous êtes sûr ?
- Si j'en suis sûr ? Comme du Paradis, m'sieu le curé, vu qu'a m'grignotte l'fond d'loreille. A m'mange la tête, pour sûr ! a m'mange la tête ? Oh ! gniau... gniau... gniau... Et il se remit à taper du pied.
Un grand intérêt s'était éveillé dans l'assistance. Chacun donnait son avis. Poiret voulait que ce fût une araignée, l'instituteur que ce fût une chenille. Il avait vu ça déjà...»





  • Les premières lignes

TOINE

On le connaissait à dix lieues aux environs le père Toine, le gros Toine, Toine-ma-Fine, Antoine Mâcheblé, dit Brûlot, le cabaretier de Tournevent.
Il avait rendu célèbre le hameau enfoncé dans un pli du vallon qui descendait vers la mer, pauvre hameau paysan composé de dix maisons normandes entourées de fossés et d'arbres.
Elles étaient là, ces maisons, blotties dans ce ravin couvert d'herbe et d'ajonc, derrière la courbe qui avait fait nommer ce lieu Tournevent. Elles semblaient avoir cherché un abri dans ce trou comme les oiseaux qui se cachent dans les sillons les jours d'ouragan, un abri contre le grand vent de mer, le vent du large, le vent dur et salé, qui ronge et brûle comme le feu, dessèche et détruit comme les gelées d'hiver.
Mais le hameau tout entier semblait être la propriété d'Antoine Mâcheblé, dit Brûlot, qu'on appelait d'ailleurs aussi souvent Toine et Toine-ma-Fine, par suite d'une locution dont il se servait sans cesse :
- Ma Fine est la première de France. Sa Fine, c'était son cognac, bien entendu.
Depuis vingt ans il abreuvait le pays de sa Fine et de ses Brûlots, car chaque fois qu'on lui demandait :
- Qu'est-ce que j'allons bé, pé Toine ? Il répondait invariablement :
- Un brûlot, mon gendre, ça chauffe la tripe et ça nettoie la tête ; y a rien de meilleur pour le corps.
Il avait aussi cette coutume d'appeler tout le monde «mon gendre», bien qu'il n'eût jamais eu de fille mariée ou à marier.


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