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Dés de poulet facon mégère

Couverture du livre Dés de poulet facon mégère

Auteur : Xin wu Liu

Traducteur : Marie Laureillard

Date de saisie : 23/04/2007

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Bleu de Chine, Paris, France

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 978-2-910884-94-9

GENCOD : 9782910884949

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Traduit du chinois et annoté par Marie Laureillard

Hekai a aujourd'hui vingt et un ans. Il décide de célébrer son anniversaire au restaurant de la résidence où il est employé et de profiter de l'occasion pour officialiser sa relation avec Xiaomei. Tous deux, paysans venus travailler à la ville, s'aiment. L'histoire composée de saynètes, dont chacune porte un nom de plat, se déroule dans ce restaurant où les différents protagonistes sont amenés à se retrouver en ce jour de fête. Une réflexion sur les conditions de vie, dans la capitale, de la main-d'oeuvre venue des provinces. A travers ce récit de la Chine du XXIe siècle, Liu Xinwu brosse une galerie de portraits de ces petites gens et lance un vibrant plaidoyer en faveur de ces migrants de l'intérieur qui tentent de s'intégrer à la société urbaine en transformation brutale.

Né le 4 juin 1942, Liu Xinwu est l'auteur d'une oeuvre importante. Il a signé de nombreux essais, nouvelles, romans, pièces de théâtre. Ancien rédacteur en chef de la revue «Littérature du Peuple», Liu Xinwu a abandonné toute fonction officielle après 1989. Volontairement marginalisé, il a renoncé aux titres et aux responsabilités pour revenir à la littérature à part entière.

De Liu Xinwu, Bleu de Chine a publié différents ouvrages, dont L'Arbre et la Forêt. Destins croisés ; La Cendrillon du canal ; Poisson à face humaine ; La Démone bleue.





  • Les premières lignes

ÉMINCÉ DE FOIE À L'AIL

En ouvrant le réfrigérateur, la patronne découvrit une anomalie.
«Daluan !» cria-t-elle d'une voix forte.
En réalité, nul n'était besoin de s'époumoner, Daluan se tenait à ses côtés.
«Qu'y a-t-il ? répondit le jeune homme en prenant un air innocent.
- Tu crois peut-être que je ne sais pas ce que tu as derrière la tête ? La patronne n'était pas dupe. Avant, tu respectais la règle, tu commençais par faire décongeler les aliments vieux de quelques jours, et voilà que, maintenant, tu sors du congélateur ceux de ce matin et que tu les mets de côté ! Tu les réserves à He Kai et à ses amis, c'est ça ?
- Hé oui ! Mais quel mal y a-t-il à ça ? De toute façon, il faut bien les vendre aussi. Qu'importe de savoir lesquels sont écoulés en premier ? Et puis, He Kai et Xiaomei, ils sont des nôtres. Tenez, j'ai déjà sorti le collier de boeuf congelé il y a quinze jours et qui n'est pas encore achevé. Tout à l'heure, quand les clients vont arriver, vous allez leur recommander vivement le filet de boeuf grillé sur plaque chauffante. Avec un peu plus de condiments, qui s'apercevra qu'il a traîné des jours durant au frigo ?
- Comment ? Tu veux faire fuir la clientèle que j'ai eu tant de mal à me constituer ?» s'écria la patronne qui, les mains sur les hanches, ressemblait, replète comme elle était, à une jarre munie de deux anses.
He Kai exerçait la profession de vigile dans la résidence Yuxiang. Le restaurant du même nom, situé à l'intérieur, faisait essentiellement office de cantine pour les employés de la société de gestion immobilière. Tandis que les vigiles y prenaient gratuitement trois repas par jour et que les autres membres du personnel pouvaient y manger à bas prix, les propriétaires et les autres clients y commandaient des plats à la carte.


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