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Les Pyrénées : Saint-Jean-Pied-de-Port, Oloron

Couverture du livre Les Pyrénées : Saint-Jean-Pied-de-Port, Oloron

Auteur : Jules Supervielle

Postface : Jacques Le Gall

Illustrateur : Photographies de Jean-Christophe Garcia

Date de saisie : 02/04/2007

Genre : Récits de Voyages

Editeur : le Festin, Bordeaux, France

Collection : Les cahiers de l'éveilleur

Prix : 10.00 € / 65.60 F

ISBN : 978-2-915262-43-8

GENCOD : 9782915262438

Sorti le : 15/03/2007


  • La présentation de l'éditeur

Pour la première fois réunis séparément en volume, ces deux courts récits de Jules Supervielle issus de Boire à la Source figurent parmi les plus personnels de leur auteur. Ils évoquent le retour à la terre natale qui fut aussi celle où ses parents moururent tragiquement, alors qu'il n'était âgé que de quelques mois. En 1926, au seuil de son aventure littéraire, il arpente les rues, observe la nature et les objets, déchiffre les photos anciennes et les souvenirs. Peu à peu, mot à mot, l'enfant éparpillé se rassemble, façonnant en creux les contours de l'écrivain.

Un photographe, un auteur accompagnent cette reconnaissance éclatante.



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  • Les premières lignes

SAINT-JEAN-PIED-DE-PORT

Je me réveille dans cette chambre que tout d'abord je ne reconnais pas. Et tandis que je me compare à ce qui m'entoure, des noms me viennent à la mémoire : Saison, Bidouze, Joyeuse, Nive... Les affluents de la rive gauche de l'Adour. Je suis à Saint-Jean-Pied-de-Port, chez ma vieille amie Marie X... De sa chambre au premier étage, j'entends huit heures qui sonnent à la pendule de la salle à manger.
Les horloges sonnent deux fois au pays basque. La première avec un air d'avertir, de mettre en garde. Attention, il est déjà huit heures. La seconde, presque tout de suite après, est pleine de reproches, de ressentiment, et les derniers coups s'éloignent de vous, comme s'ils étaient à jamais déçus, froissés.
Les Basques aiment la répétition : désir de ne pas être sec, d'en dire un peu plus et à bon compte. Et la vieille servante, qui vient ouvrir mes volets, me dit en guise de bonjour :
- Vent du Sud, vent du Sud.
Je me fais humble sous les draps, mais elle n'en saura jamais rien.
Je suis à ma fenêtre, une épaule chaude, l'autre froide. Le soleil donne à ma droite.
Soulèvement de poussière tout d'un coup, la grand'route se dresse vers le ciel, et les arbres entrent dans ma chambre, comme ils peuvent, dans un tourbillon de feuilles mortes. C'est leur façon de se déplacer. Pour tenir tête au mauvais temps, les montagnes, sur leurs gardes, bleues de colère...


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