Auteur : Patrick Villemin
Date de saisie : 31/05/2007
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : A. Carrière, Paris, France
Prix : 18.50 € / 121.35 F
ISBN : 978-2-84337-450-0
GENCOD : 9782843374500
Henri Choiseul, juriste, travaille à la direction des ressources humaines de Parson & Royts ; il "reporte" à Joël Dufour, le DRH, lequel "reporte" à Jean-Pierre Eustache, le président. Un jour, ce dernier convoque Choiseul et l'informe que Dufour a l'intention de le virer. Choiseul ne comprend pas, son monde s'écroule, la paranoïa le gagne. C'est alors que le président le convoque à nouveau dans le plus grand secret et lui propose un véritable pacte faustien. Ce thriller professionnel décrit les luttes de pouvoir et la perte des valeurs d'un "cadre ordinaire" plongé dans le nouveau Far West économique.
Si vous croyez que la littérature, c'est la vie, voici un roman dont le sujet vous concerne forcément : harcèlement et licenciement, les deux mamelles du capitalisme paléolithique de retour en Occident. Rassurez-vous : il ne s'agit pas de pleurer comme des madeleines sur notre sort...
Au début, pas de panique : c'est la drôle de guerre. Les envahisseurs évaluent la proie. On parle beaucoup mais personne n'ouvre le feu. Puis c'est la coulée de lave. Les dégâts sont énormes. Effet assommoir garanti. Les pieds dans la cendre, ceux qui restent regardent hébétés passer la charrette des morts. A présent, toutes les couleuvres vont être avalées comme des pilules. On prononce le mot «indemnités», on évoque un éventuel «out placement», personne n'y comprend rien mais on est prêt à rendre grâce à Dieu. Henri, lui, est plus lucide. Pendant des années, il avait été affecté aux basses besognes. Sa combativité fond comme le sucre dans le café. Et nous, aux premières loges, on se régale. Non pas qu'on apprenne comment s'en sortir lorsque ce drame s'abattra sur nous. Mais, au moins, on aura été vacciné. Ce livre, c'est mieux que de la littérature. C'est de l'information brute. Et le mot «brute» est à prendre au pied de la lettre.
Le mot «Présidence» s'affiche sur l'écran de mon téléphone. Au début, je me dis que c'est une erreur. Il doit y avoir quelque part dans l'immeuble un technicien qui a bidouillé l'autocommutateur. Ou, plus simplement, c'est le doigt du président qui a dérapé sur son clavier. Il s'est trompé de numéro, voilà tout.
- Allô ?
- Henri Choiseul ?
- Oui.
- Bonjour. Jean-Pierre Eustache à l'appareil.
- Bonjour.
Je me raidis sur ma chaise ; c'est bien moi qu'il cherchait à joindre.
- Je ne vous dérange pas ?
- Heu, non... non, pas du tout.
- J'aurais besoin de vous voir.
- Moi ?
- Oui, vous. Pouvons-nous convenir d'un rendez-vous ?
- Bien sûr.
- Demain matin ?
J'ouvre nerveusement mon agenda.
- Oui, demain matin, c'est possible.
- Écoutez, je suggère que vous montiez dans mon bureau à 7 h 30.
Je ravale un «Quoi ! 7 h 30 ? Mais pourquoi si tôt ?» et réponds :
- D'accord.
- Une précision importante : je souhaite que notre entretien soit totalement confidentiel. Je vous demande de n'en parler à personne.
- Vous pouvez compter sur moi.
- Bien, je vous laisse. Bonne journée.
- Bonne journée, monsieur. Il raccroche.
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