Auteur : Ketty Millet
Date de saisie : 30/03/2007
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Geste, La Crèche, France
Prix : 13.00 € / 85.27 F
ISBN : 978-2-84561-285-3
GENCOD : 9782845612853
Sorti le : 14/03/2007
Limoges, 1910, Pierre Pain épouse Jeanne Piget. Ils sont jeunes, amoureux, pleins de promesses d'avenir, confiants. En ce début de XXe siècle, c'est la migration de la campagne vers la ville qui bouleverse la vie des gens. Que d'espoirs dans la ville ! Le travail bien sûr (on espère qu'il sera moins pénible qu'à la campagne) ; les rencontres (éviter l'obligation du promis ou de la promise). Pierre et Jeanne s'en sortaient bien. La porcelaine c'était un bon filon. Mais quand la guerre s'en mêle... Et quand la femme doit tout supporter, tout assumer... C'est l'histoire d'une jeune famille. C'est le drame d'une femme aimante.
Ketty Millet est née à Rochefort sur Mer (17), elle vit en Charente (16), à Cognac. Elle est diététicienne. Passion née de lecture, de marche et d'écriture. En préparation, l'ouvrage La romance du camion bleu, aux éditions Le manuscrit.
Limoges 1910, Pierre Pain épouse Jeanne Piget. Ils sont jeunes, amoureux, pleins de promesses d'avenir, confiants.
Pierre, enfant de Faux-la-Montagne, a quitté tôt son village pour la ville. Il voulait d'une autre vie que celle de ses anciens. Entré à 14 ans comme apprenti dans une fabrique de porcelaine, il a appris le métier. En 1907, il est embauché à la Maison Théodore Haviland. On n'y travaille pas comme dans les autres fabriques, le patron innove. En 1910, il va être promu contremaître, ce qui est exemplaire pour un gars de vingt-six ans. Pierre est intelligent, il a son certificat d'études et il sait réfléchir. On l'apprécie pour sa douceur, sa rigueur et sa compréhension rapide.
À l'usine, il y a de cela un an, il a rencontré Jeanne, une fille de la campagne comme lui. Jeanne est gaie, ronde, toujours souriante mais sérieuse, une petite main comme on dit dans le métier. Elle est orpheline depuis deux ans et vit chez une vieille tante. Les deux se sont plu tout de suite, mais leur timidité paysanne les a empêchés de le dire. Ils ont mis du temps à oser se regarder, à oser se parler. Lorsque Pierre passait dans l'atelier, Jeanne baissait les yeux et rougissait, les autres petites mains, délurées, riaient et se moquaient d'elle. Mais dans la famille de Jeanne, on ne badine pas avec l'amour, c'est du sérieux. Cela a duré bien six mois, ces deux qui se cherchent mais qui n'osent. Ils se sont rencontrés un soir d'été dans le jardin d'Orsay, comme ça par hasard. Jeanne se promenait avec sa tante, à la recherche de la fraîcheur, Pierre déambulait, seul. Peut-être à cause de la douceur du soir, de la présence de la tante, il a osé lui parler. Oh juste quelques mots, bien sûr, mais c'était un début. La tante regardait le jeune homme, propre, bien mis, la fine moustache blonde bien taillée, les yeux francs, respectueux. Il lui a plu. La douce Jeanne, plus rouge qu'une cerise, se tord les mains, essaie de se cacher derrière sa longue natte brune. Et pourtant elle est heureuse, mais les paysans limousins travaillent dur et n'expriment pas leurs sentiments.
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