Auteur : Geneviève Vincent
Date de saisie : 24/07/2007
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Indigène, Montpellier, France
Collection : Indigène esprit
Prix : 15.00 € / 98.39 F
ISBN : 2-911939-60-3
GENCOD : 9782911939600
Sorti le : 22/02/2007
Dans ce récit singulier, composé comme une suite de pièces chorégraphiques, une femme traque les états du corps.
Le sien - dans son quotidien, dans son activité professionnelle - jeune, malade, silencieux, écrivant, dansant, ou encore complice de son compagnon, danseur lui-même. Regarder les danses, vivré avec soi, les autres -, grandir, écrire, faire des enfants, vieillir, c'est un seul et même mouvement et le corps en garde les traces. " Je sais que mon corps en sait plus que moi, il est beaucoup plus savant que moi.
[...] Écrire ou danser sont des peurs déplacées. "
Geneviève Vincent est écrivain. Elle anime des ateliers d'écriture. Elle travaille depuis plus de vingt ans autour de la création contemporaine, chorégraphique notamment. Elle enseigne, dans diverses universités (Montpellier, Rouen, Tours...) et écoles d'art (Rennes, Rueil-Malmaison...), l'histoire des arts du spectacle (danse, musique, arts plastiques).
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Tout se passe, en effet, comme si Geneviève Vincent, dans un étrange retournement, après avoir abattu loyalement toutes ses cartes, sans finasser, cherchait à nous montrer du doigt ce passage étroit qu'elle semble avoir ouvert devant elle. Ce chemin est un pas de danse. «Le corps va mieux», dit-elle en fin de parcours.
Plus le lecteur avance dans la lecture de Trop de corps, moins il arrive à se détacher du charme périlleux, voire vénéneux, de cette autobiographie qui n'affirme rien qui ne soit dicté, puis vérifié, authentifié, par la peau, les muscles, les tendons, les grains de beauté, les excroissances malignes, le sang, la salive amère. C'est un livre sale et glorieux. C'est aussi un livre rare, sans tricherie narcissique. S'y déploie avec sécheresse une parole frontale, violente...
Le sujet est de scruter ce que cette hérédité a déposé dans le creux de son corps en termes de formes, de forces et de ruptures...
"Ce trop de corps qui n'est qu'une carapace devient maintenant insupportable. J'envisage de le faire disparaître." Moins que le passé et l'enfance, c'est le point où elle est rendue, à l'aube de sa soixantaine, qu'elle observe avec ce regard dédoublé que possèdent ceux qui ont longtemps observé les autres. "L'écriture n'est pas celle des évocations, elle est le corps dressé dans sa tension", écrit Geneviève Vincent. On ne saurait mieux dire.
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