Passion du livre - tout sur le livre : Johnny chien méchant

Recherche

Recherche simple
Recherche multi-critères

Johnny chien méchant

Couverture du livre Johnny chien méchant

Auteur : Emmanuel Dongala

Date de saisie : 29/03/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Serpent à Plumes, Paris, France

Collection : Motifs, n° 211

Prix : 9.00 € / 59.04 F

ISBN : 978-2-268-06217-4

GENCOD : 9782268062174

Sorti le : 22/03/2007


  • La présentation de l'éditeur

Congo, en ce moment même. Johnny, seize ans, vêtu de son treillis et de son T-shirt incrusté de bris de verre, armé jusqu'aux dents, habité par le chien méchant qu'il veut devenir, vole, viole, pille et abat tout ce qui croise sa route. Laokolé, seize ans, poussant sa mère aux jambes fracturées dans une brouette branlante, tâchant de s'inventer l'avenir radieux que sa scolarité brillante lui pro­mettait, s'efforce de fuir sa ville livrée aux milices d'enfants soldats. Dans ce roman qui met en scène des adolescents à l'enfance abrégée, Dongala montre avec force comment, dans une Afrique ravagée par des guerres absurdes, un peuple tente malgré tout de survivre et de sauvegarder sa part d'humanité.

Emmanuel Dongala est né en 1941, de père congolais et de mère centrafricaine. Il est aujourd'hui professeur de chimie à Simon's Rock Collège dans le Massachussets, et professeur de littérature francophone à Bard Collège, dans l'Etat de New-York.



logo fnacCommander ce livre sur Fnac.com



  • Les premières lignes

LAOKOLÉ

LE GÉNÉRAL Giap a proclamé un pillage général de quarante-huit heures. J'ai aussitôt arrêté la radio, j'ai pris la lampe-tempête et j'ai couru vers la petite cabane qui nous servait de débarras pour vérifier si la brouette était bien là, et en état de marche. Oui, elle était bien là, renversée sur son caisson. J'ai fait tourner son unique roue. Elle tournait bien, mais grinçait un peu. Je suis allée dans la cuisine chercher le peu d'huile de palme qui nous restait; je l'ai graissée avec et l'ai testée à nouveau. Elle ne grinçait plus. Malgré la rouille qui avait commencé à ronger une partie de la carrosserie, elle était en parfait état de marche, et les deux brancards étaient solides.

Je suis retournée dans la maison. J'ai soulevé le pagne qui servait de rideau entre ma chambre et celle de maman : elle dormait toujours. La réveiller ou la laisser dormir un peu plus ? J'ai hésité un moment puis j'ai décidé de ne la réveiller qu'au dernier moment ; la nuit avait été très difficile pour elle et ce n'était que vers trois heures du matin que les deux comprimés effervescents d'aspirine que je l'avais forcée à prendre avaient calmé les douleurs de ses jambes fracturées et lui avaient ainsi permis de s'endormir. J'allais la laisser se reposer une demi-heure encore. J'ai laissé retomber le pagne et me suis dirigée vers Fofo, mon petit frère, qui partageait la chambre avec moi; il continuait à ronfler, confortablement allongé sur son matelas mousse étalé par terre à côté de mon lit. Je l'ai brutalement secoué. À onze ans, bientôt douze, ce n'était plus un gamin, il était assez âgé pour aider la famille.


Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli