Auteur : Eric Faye
Date de saisie : 29/03/2007
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Serpent à Plumes, Paris, France
Collection : Motifs, n° 282
Prix : 7.50 € / 49.20 F
ISBN : 2-268-06152-3
GENCOD : 9782268061528
Sorti le : 22/03/2007
Voici donc Paris coupé en deux par un long mur, et la soldatesque soviétique qui quadrille la zone Est appelle cette ville Parij. Dans la partie rouge, un agent des services de sécurité, Bernard Neuvil, a pour mission de surveiller la correspondance entre une violoniste, Clara Banine, et Romain Morvan, grand écrivain que l'on vient d'expulser vers l'Ouest. Cet agent ira jusqu'à s'introduire dans leur correspondance et s'identifier à sa «proie»; c'est que Morvan, dit-on, a laissé derrière lui le manuscrit d'un livre dangereux pour le Numéro un... Des Buttes-Chaumont à Montmartre, Neuvil traquera ce manuscrit tout en étant lui-même traqué, sans plus savoir dans quel camp il joue, s'il veut livrer ce manuscrit ou le sauver, aider la littérature ou la combattre. Peut-être est-ce Clara Banine qui, en fin de compte, détient la clé de ces questions ?
Né en 1963, Eric Faye vit à Paris. Il a publié aux Editions José un recueil d'entretiens avec Ismaïl Kadaré ainsi que plusieurs romans, et a dirigé un ouvrage sur Kafka paru chez Autrement (K...2006).
Extrait de la préface :
L'UCHRONIE, terme inventé par le philosophe Charles Renouvier à la fin du XIXe siècle, a permis de mettre un nom sur un genre littéraire qui existait déjà et consistait non pas à imaginer une société idéale nichée en un lieu inexistant, ou surgie de l'avenir, mais à envisager comment serait le monde si l'histoire avait pris un chemin différent à un moment précis, par une manière de «court-circuit» dans le déroulement des événements. Les pouvoirs politiques, qui ont été à leur façon de grands «auteurs» de fiction, ont toujours aimé retoucher l'histoire, depuis le premier empereur de Chine, Qin Shi Huangdi. Celui-ci ordonna de brûler tous les livres d'histoire, probablement parce qu'ils faisaient l'éloge des souverains passés. L'Histoire et le temps devaient commencer avec lui et seulement avec lui... Longtemps, plus tard, à la demande de Napoléon Ier, le peintre David rajouta sur la toile du sacre la mère de l'empereur, absente lors de la cérémonie. Passons sur le massacre de Katyn, plus connu, que le Kremlin imputa, jusqu'à la perestroïka, aux nazis. Plus récemment, une mise en scène fut organisée pour la reine Elisabeth II, qui, au cours d'un voyage au Nigeria, tenait à visiter un marché. Étant donné la réputation de coupe-gorge du pays, on improvisa un faux marché dans les allées duquel elle déambula, filmée par la BBC, entre des figurants embauchés comme «vendeurs». Totalitaires ou non, les pouvoirs ont ainsi cherché à rapiécer l'histoire, pratiquant plus ou moins discrètement des greffes d'événements censées montrer comment, grâce à eux, nous en sommes arrivés au bel aujourd'hui. Il suffit de penser aux négationnistes, aux créationnistes qui relèvent la tête de temps à autre : reconstruire le passé ne relève pas seulement du passé.
Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli