Auteur : Dominique de Roux
Date de saisie : 31/05/2007
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Fayard, Paris, France
Prix : 25.00 € / 163.99 F
ISBN : 978-2-213-62826-4
GENCOD : 9782213628264
Sorti le : 07/03/2007
De sa jeunesse à sa mort prématurée à l'âge de quarante et un ans, en mars 1977, la correspondance a été, pour Dominique de Roux, l'instrument d'un apprentissage de soi poussé jusqu'à l'extrême lucidité.
Cette part essentielle de son oeuvre restait à mettre au jour. Elle témoigne du génie singulier d'un écrivain inclassable pour qui l'expérience littéraire signifiait d'abord émancipation, errance et clandestinité. A travers ses innombrables lettres à quelques confidents privilégiés et, surtout, à ses " inspiratrices ", Dominique de Roux a écrit son roman le plus intime. Celui d'une destinée foisonnante de combats, de rencontres et d'aventures, à rebours des modes et des conventions. Au fil de ces pages, le fondateur des Cahiers de l'Herne se livre comme dans une véritable autobiographie, de sa jeunesse aristocratique en Charente à ses engagements révolutionnaires au Portugal et en Angola, en passant par la fréquentation tumultueuse des milieux littéraires des années 1960. Toutes les passions intellectuelles, politiques et sentimentales qui traversèrent l'existence aussi brève qu'intense de cet exilé permanent s'expriment ici avec une liberté de ton souvent implacable, avec la gravité, la rage et l'ironie d'un homme talonné par la mort mais épris, jusqu'au bout, de vérité vivante.
Ecrivain et historien, Jean-Luc Barré, qui présente l'édition de cette correspondance, a publié une biographie de Dominique de Roux, Le Provocateur (Fayard, 2005) saluée par l'ensemble de la critique. Il dirige chez Fayard la collection " Témoignages pour l'Histoire ".
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Dominique de Roux (1935-1977) est insaisissable : réfractaire, provocateur, intrépide, frondeur, "irrégulier, au sens d'aristocrate", c'est-à-dire en proie à l'exil intérieur, comme le notera Jean-Luc Barré dans sa biographie (Fayard, 2005). "Car être aristocrate, que voulez-vous, c'est ne jamais avoir coupé les ponts avec ailleurs, avec autre chose", confie, peu de temps avant sa disparition, l'auteur du Cinquième Empire ; fidélité aux territoires de l'enfance et à une marginalité supérieure qui renvoie à la conscience des origines...
Sa correspondance (1953-1977), qui paraît aujourd'hui, est essentielle pour cerner la singularité d'un autodidacte doué que l'idée de carrière rebute...
Il faudra s'habituer aux contradictions de ce voyageur intrépide et vif comme son style - sa phrase est un coup de griffe et cette correspondance recèle de ces égratignures qui donnent du sang à sa langue, plus piquante ici, plus fiévreuse que dans ses romans.
On retrouve la belle écriture cassée de l'écrivain Dominique de Roux dans ses lettres qui couvrent un quart de siècle. Une errance à la recherche de soi...
Dominique de Roux nous laisse des lettres admirables, écrites sur un quart de siècle, toujours plus brèves, plus urgentes quand vint la fin. Deux ensembles, dans cette Correspondance. La première partie est centrée sur les lettres à Robert Vallery-Radot, un ancien collaborateur de Vichy devenu trappiste. Spiritualité chrétienne et noirceur des attaques contre Mauriac, le catholique, colorent l'encre amère de ces années de formation. La seconde est une succession de lettres d'amour à deux femmes, mais fourmille de références à l'activité militante de ce malade de destin que fut de Roux.
Il fonda les Cahiers de l'Herne, qui restent inégalés dans leur domaine. Ça n'était pas rien, à l'époque, de consacrer deux tomes à Céline, d'aller chercher Pound à Venise, de rencontrer Gombrowicz. De Roux s'agite, déploie une incroyable énergie pour déterrer les méconnus, les réprouvés. Un seul mot d'ordre : la littérature dans tous ses états...
Dominique de Roux fut un vrai rebelle, une sorte d'irrécupérable. Guérilla tous azimuts, sur le terrain des opérations, stylo en main, il sait qu'il a sacrifié en route quelque chose qu'il n'arrive pas à nommer. «Nous mourrons de solitude. Notre mort sera légère et sèche comme la poussière qui vole.» Chez de Roux, l'inachevé fait partie de l'oeuvre, fusées, fumées. On n'a pas le temps. Il faut partir (le slogan clôt une des missives et démarre Le Cinquième Empire). Oui, mais pour où ? Écoutons le garçon de 1957 : «Je ne suis pas né pour avoir les épaules rentrées. Je voudrais enfin utiliser tous mes battements de coeur.» Ce dernier ne tiendra pas le coup.
«Inclassable» Dominique de Roux ! En aura-t-on usé et abusé, de ce qualificatif, pour désigner le romancier-éditeur-guérillero ! Et si, tout simplement, il convenait de ne pas essayer de le classer ? La publication de sa correspondance inédite, sous un beau titre - Il faut partir - nous y invite enfin. Ces lettres, écrites entre 1953 et sa mort, en 1977, constituent une excellente porte d'entrée dans l'univers déroutant du condottiere des lettres françaises. Elles rendent grâce à cet esprit dispersé, fulgurant, irrégulier.
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