Auteur : Alice Hoffman
Traducteur : François Vidonne
Date de saisie : 29/03/2007
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Archipoche, Paris, France
Collection : Archipoche
Prix : 6.00 € / 39.36 F
ISBN : 978-2-35287-028-9
GENCOD : 9782352870289
MES MEILLEURES AMIES
«L'une des choses que j'ai apprises, c'est que les événements les plus étranges peuvent advenir. À tout moment. Aujourd'hui, par exemple, le chat de Jill, ma meilleure amie, a parlé. Nous préparions des brownies dans la cuisine lorsque nous l'avons entendu dire : "Je veux sortir." Nous avons assisté à un miracle et, maintenant, nous attendons qu'il s'en produise d'autres.»
Ainsi commence le journal intime tenu par Gretel Samuelson à un moment crucial de sa jeune existence : le divorce de ses parents.
Drolatique, émouvant, ce livre raconte, dans une tonalité douce amère, l'éveil d'une adolescente au monde des adultes. Alice Hoffman compose sa galerie de portraits par petites touches, avec pudeur, et fait de sa Gretel une soeur de Holden Caulfield, le héros de L'Attrape-coeurs, le célèbre roman de J.D. Salinger.
Née en 1952 à New York, ancienne élève de Stanford University, Alice Hoffman est l'une des romancières les plus lues aux États-Unis. Elle est l'auteur, notamment, de Un instant de plus ici-bas (L'Archipel, 2000), Un secret bien gardé (Flammarion, 2002) et La Prédiction (Gallimard, 2006).
Journal intime
L'une des choses que j'ai apprises, c'est que les événements les plus étranges peuvent advenir. À tout moment. Aujourd'hui, par exemple, le chat de Jill, ma meilleure amie, a parlé. Nous préparions des brownies dans la cuisine lorsque nous l'avons entendu dire : «Je veux sortir.» Eh bien ! nous nous sommes précipitées vers la porte de derrière et nous avons fait exactement ce qu'il nous demandait. Nous avons assisté à un miracle et, maintenant, nous attendons qu'il s'en produise d'autres, même si Franconia, la ville où nous vivons, n'est pas réputée pour abriter ce genre d'événements. Jill et moi, nous nous connaissons depuis toujours. Une seule maison sépare les nôtres, mais nous feignons d'ignorer son existence. Notre rencontre date d'avant notre naissance et nous serons ensemble sans doute encore après notre mort. En tout cas, c'est ce que nous avons prévu.
Ma mère et moi sommes parties pour Atlantic City si rapidement que je n'ai pas eu le temps d'appeler Jill. Nous avons dit autour de nous que nous allions rendre visite à une vieille tante, mais, en réalité, la raison de notre départ, c'était l'amour, ou plutôt l'absence d'amour ; quant à la vieille tante, elle n'existe même pas. Je connais d'autres personnes dont la mère fait tout à coup sa valise parce que leur père boit ou crie ; pour nous, c'est plus sérieux. Ma mère n'est pas du genre à partir pour Atlantic City. Elle n'est pas du genre à se faire porter ses repas dans la chambre d'hôtel et à pleurer. Elle m'a dit une fois que, lorsqu'une femme se marie, il vaut mieux qu'elle sache s'apprécier elle-même, car on ne parvient jamais à connaître vraiment, réellement, qui que ce soit d'autre au monde.
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