Auteur : Choga Regina Egbeme
Préface : Calixthe Beyala
Traducteur : Jacques-André Trine
Date de saisie : 28/03/2007
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Archipoche, Paris, France
Collection : Archipoche
Prix : 7.50 € / 49.20 F
ISBN : 978-2-35287-026-5
GENCOD : 9782352870265
«Au cours d'un voyage au Nigeria, ma mère, une Blanche, est tombée amoureuse de mon père, David Egbeme, riche exploitant agricole qui possédait un harem et dont elle a accepté de devenir la trente-troisième épouse.
J'ai vécu une enfance heureuse et insouciante derrière les murs du harem, protégée du monde extérieur. Les femmes et les enfants de mon père formaient une grande famille où tout le monde s'aimait et s'entraidait.
Mais, à seize ans, ma vie s'est trouvée bouleversée lorsque mon père, affaibli par la maladie, m'a obligée à me marier. En butte à un homme infidèle et violent, je n'ai plus eu d'autre choix que de fuir avec mon fils. Fuir... mais à quel prix ?»
C. R. E.
Ce livre r l'histoire vraie d'une femme décidée à se battre et à sauver son enfant - s'est vendu à plus de 500 000 exemplaires. Un témoignage qui est aussi un appel au respect des femmes, de leur dignité et de leur intégrité.
«Jamais je n'ai perçu avec autant d'acuité la souffrance et la force morale de la femme noire.»
Calixthe BEYALA
Extrait de la préface :
Quelle sera la destinée de l'Afrique, déchirée entre modernité et tradition ? D'emblée, la lecture de Je suis née au harem nous interroge sur ce continent qui a, dit-on, la tête dans le troisième millénaire alors que ses pieds restent désespérément enracinés dans le passé.
Les femmes sont sans conteste les premières victimes de cette contradiction. De fait, si nos intellectuels rêvent de moderniser cette terre, de la doter des moyens de communication les plus modernes, d'y instaurer la démocratie, rien n'oblige les peuples à respecter les droits de la femme.
Le continent noir, ancré dans des temps archaïques, résonne des cris de souffrance des femmes, soumises aux caprices des hommes.
En Afrique, on a beau le nier, il y a d'un côté les mâles, puissants, sains, qui représentent la perfection et peuvent en toute impunité distiller la mort en violant nos filles. De l'autre, les femmes, à qui l'on apprend très tôt à obéir. On les appelle reines ou princesses. Certaines sont si fières de ces titres de pacotille qu'elles consentent avec joie à vivre enfermées, dépendantes. Elles proclament à qui veut les entendre qu'elles sont heureuses dans ces harems où leurs filles ne sont pas scolarisées, seulement éduquées en vue de servir, de se soumettre aux désirs patriarcaux, comme leurs grand-mères avant elles.
Aux femmes noires, on apprend à accepter l'inacceptable. L'amour ? Il n'en existe pas d'autre que celui que vous portez à vos parents. Le plaisir sexuel ? Mais c'est indécent ! Une connerie inventée par les Blancs. Notre corps ? Extraordinaire pour porter les bébés... Nos mâles doivent pouvoir disposer de nos ventres et de nos sexes ; ils peuvent nous échanger, nous vendre, nous meurtrir... Et lorsque, de temps à autre, s'élèvent de longues plaintes émanant de femmes victimes de mutilations ou d'un mariage forcé, les hommes y font écho avec perfidie : «Ne les écoutez pas ! Ce sont des complices de l'Occident, qui veulent mettre à bas nos valeurs.»
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