Auteur : Roger Charles Houzé
Date de saisie : 26/03/2007
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Découvrance, La Rochelle, France
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 978-2-84265-438-2
GENCOD : 9782842654382
Sorti le : 25/09/2006
«Il est vrai que je trimbale dans ma foutue caboche presque deux siècles de mémoire - j'ai connu quelques arrières grands parents et quelques amis qui avaient plus de 90 ans quand j'avais 12 ans en 1945 - et j'aborde maintenant avec curiosité le troisième millénaire !
Je me considère donc, à tort ou à raison, comme l'un des derniers témoins de bouche à oreille d'une époque qui remonte à Napoléon III et dont les témoins oculaires ont su me transmettre plus que leurs souvenirs : leurs intimes impressions sur leur vie passée...»
Les Chroniques sarthoise de Roger-Charles Houzé entremêlent les souvenirs de jeunesse et familiaux, les faits historiques et la fiction.
«... - Toutefois, si vous trouvez cela plus correct de se connaître pour échanger des mots aimables, nous pourrions peut-être faire connaissance ?
La belle était interloquée : c'était une invitation précise, presque une déclaration ! Mais elle ne se fâcha pas et parut plutôt flattée.»
LES PORTRAITS BAVARDS...
Notre demeure se présentait comme une grosse bâtisse à peu près cubique chapeautée par un toit à quatre pentes. Surélevée par un soubassement en terre plein, on y accédait par trois marches. Elle était traversée par un long couloir qui donnait sur trois grandes pièces, au rez-de-chaussée et une cave semi-enterrée sur laquelle une chambrette - autrefois celle de Même Clémentine - entamait en partie un grenier néanmoins vaste.
Les murs, très épais d'au moins 50 centimètres, étaient constitués de grosses pierres entassées scellées à la chaux qui prouvaient son ancienneté de plus d'un siècle. Sa toiture constituait à elle seule une véritable oeuvre d'art car la charpente, réalisée par un compagnon du «Tour de France» se révélait fort complexe : ce n'était qu'un enchevêtrement savant de poutres, de pannes, de chevrons, de contrefiches, de poinçons, d'arbalétriers et d'échantignolles.
Quand j'étais petit et qu'il pleuvait au dehors, ce lieu éclairé seulement par deux vasistas devenait mon domaine de jeux privilégié : impressionné par toutes les vieilles choses qui y étaient entassées, je le trouvais suffisamment immense, ce grenier, pour que j'y organise, seul, toutes sortes d'aventures imaginaires.
Ce lieu, naguère véritable débarras, était maintenant presque vide car on avait vendu beaucoup de chose à l'antiquaire mais je me souviens que, dans un angle, séparé du reste du grenier par un lourd rideau aux couleurs délavées, on avait cloué sur les chevrons d'épaisses plaques de carton bitumées d'un côté, recouvertes de papier peint de l'autre, afin de constituer un petit local pour grand père. C'était sensé être son lieu de repos.
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