Auteur : Christine Kontler
Date de saisie : 29/03/2007
Genre : Arts
Editeur : Ed. du Rouergue, Rodez, France
Collection : RV avec.... Art et civilisation
Prix : 17.00 € / 111.51 F
ISBN : 978-2-84156-842-0
GENCOD : 9782841568420
La collection
La collection «R.-V. avec» a pour but d'offrir une première approche des grandes expressions artistiques qui ont marqué l'histoire de humanité. Grâce à un texte accessible et à une riche iconographie, les ouvrages reviennent aux racines culturelles des grandes civilisations et nous donnent ainsi les clés de leur langage esthétique. Ils permettront à tous ceux qui, à l'occasion d'un voyage, d'une exposition ou par intérêt, veulent mieux connaître les arts majeurs du monde, d'appréhender leur richesse sans en avoir une vision réductrice ou tronquée. La collection comptera douze titres : L'Art byzantin, L'Art de la Chine, L'Art indien, L'Art paléochrétien, L'Art roman, L'Art tibétain, L'Art africain, L'Art perse, L'Art précolombien, L'Art de la Grèce, L'Art du haut Moyen Âge et L'Art de la Renaissance.
L'art de la Chine
Depuis le XVIIIe siècle et la mode des «chinoiseries», l'intérêt que les Occidentaux portent à l'art de la Chine ne s'est jamais démenti. C'est pourtant un art méconnu, dont les sources remontent à plus de cinq mille ans, et dont l'héritage est considérable.
Loin de l'imagerie traditionnelle et des clichés occidentaux, cet ouvrage nous fait découvrir les richesses d'un art et d'une civilisation majeurs. Des arts funéraires révélés par les découvertes de l'archéologie aux arts sacrés, Christine Kontler, sinologue de renom, rend compte à la fois de la continuité historique et de la singularité exemplaire des arts d'un monde où tout est quête d'esthétique et d'harmonie. Dans cet ouvrage richement illustré, synthétique et précis, elle nous invite notamment à découvrir l'art de la porcelaine et des laques, ou encore le cérémonial attaché à l'écriture. Évoquant l'art du paysage et le feng shui (l'art des sites et de la géomancie), elle nous montre l'importance de ce qu'il convient d'appeler les arts de la vie et nous permet de mieux comprendre toutes les facettes d'une civilisation fascinante.
Sinologue et docteur d'État en science des religions, Christine Kontler est membre du Centre de recherche sur l'Extrême-Orient de Paris-Sorbonne (CREOPS). Traductrice du chinois, elle a collaboré à de nombreux ouvrages. Elle a déjà publié, entre autres : Soieries de Chine (Nathan, 1987), Sagesses et religions en Chine, de Confucius à Deng Xiaoping (Boyard, 1996) et Arts et sagesses de la Chine (Zodiaque, 2000).
La dynastie royale des Shang : l'âge de l'écriture et du bronze
La première dynastie dont l'existence historique est attestée est celle des Shang qui connut son apogée au temps de sa dernière capitale, Anyang (Henan), entre le XIVe et le XIe siècle av. J.-C. Les fouilles archéologiques nous ont permis de mieux connaître leurs rois et leurs reines qui étaient des guerriers et des prêtres ; les armes et les cultes servaient leur domination sur les hommes, les terres alentour et les forces de la nature, parmi lesquelles figuraient le fleuve Jaune, la rivière d'Anyang, les montagnes, les vents et les points cardinaux, puissances qui étaient gouvernées par le Seigneur d'En-Haut (le Ciel) et le dieu du Sol tutélaire (la Terre). Les tombeaux témoignent des sacrifices rendus aux rois défunts pour qu'ils accèdent au rang suprême d'ancêtres. La religion archaïque fait largement appel à la divination pour provoquer l'attention des ancêtres royaux et des dieux, solliciter leur bienveillance et connaître leurs volontés. Les devins vont inventer des techniques toujours plus complexes afin de lire et d'interpréter les craquelures et les fissures qui apparaissent sur les os des animaux sacrifiés ou sur des carapaces de tortue présentés au feu. Pour noter leurs remarques et conserver leurs archives, les devins créent les signes d'une écriture qui, par un miracle de continuité, sont à l'origine des idéogrammes utilisés dans les langues modernes de la Chine. Avec la divination et l'écriture, l'art du bronze représente le trait le plus original de la civilisation chinoise en ses débuts. Son origine demeure controversée : la technologie du bronze vient-elle de l'Occident, de Sibérie ou émane-t-elle de techniques chinoises ? Quelle que soit l'issue de ce débat, les bronzes de l'apogée des Shang constituent, par la diversité de leurs formes, la nature de leur riche ornementation et leurs techniques raffinées de fonte, un apport spectaculaire aux arts funéraires de la Chine. On distingue deux grandes catégories d'objets : les outils, les armes, les miroirs et les instruments de musique, d'une part, et, d'autre part, les vases sacrés destinés aux offrandes pour les ancêtres. À leur tour, ces vases se répartissent en deux groupes : les vases pour cuire, tenir au chaud, présenter et conserver les mets (viandes, grains et nourritures préparées), et ceux pour contenir, réchauffer, mélanger, servir et consommer l'alcool des libations. Un troisième ensemble regroupe des récipients, bassins et verseuses, destinés aux ablutions, ou d'autres encore, réservés à des usages qui nous sont inconnus.
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