Auteur : Elisabeth Dorier-Apprill | Philippe Gervais-Lambony
Date de saisie : 26/03/2007
Genre : Urbanisme
Editeur : Belin, Paris, France
Collection : Mappemonde
Prix : 25.00 € / 163.99 F
ISBN : 978-2-7011-4354-5
GENCOD : 9782701143545
Sorti le : 15/02/2007
Cet ouvrage est le fruit, original, d'une écriture et d'une réflexion collectives de quinze chercheurs et enseignants-chercheurs de diverses disciplines et institutions, travaillant à partir de terrains très variés, du Nord comme du Sud, sur ce qui fait la ville aujourd'hui pour ceux qui l'habitent. Il entend répondre au discours commun sur l'évolution univoque des organismes urbains dans le contexte de la mondialisation, comme à l'inquiétude suscitée par ce que seront les villes du XXIe siècle. Les textes présentés analysent, à travers l'observation des vies citadines, les interactions contemporaines entre les recompositions spatiales et sociales urbaines. Ils proposent des éléments de réponse aux débats actuels se rapportant à la question de la dissolution de la ville dans l'urbain, à la déconnexion, annoncée par certains, des liens entre citadinité et urbanité, ainsi qu'à la notion de fragmentation urbaine.
À l'image de certaines rues de nos villes, le plan de l'ouvrage invite plutôt à la flânerie. À chacun donc son itinéraire citadin au fil des pages. Ce qui fait le lien d'un texte à l'autre, c'est la recherche commune de ce qui fait ville malgré tout, pour le meilleur ou pour le pire.
Virginie Baby-Collin, Claire Bénit-Gbaffou, Isabelle Berry-Chikhaoui, Florence Bouillon, Guénola Capron, Elisabeth Cunin, Sophie Didier, Elisabeth Dorier-Apprill, Bénédicte Florin, Philippe Gervais-Lambony, Boris Grésillon, Sonia Lehman-Frisch, Christian Rinaudo, Cécile Van den Avenne, Dominique Vidal.
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La fragmentation urbaine : une notion pluri-dimensionnelle
La définition la plus générale de la fragmentation urbaine est la dé-solidarisation de la ville, la disparition d'un système de fonctionnement, de régulation et de représentation à l'échelle métropolitaine. Les symptômes de cette «maladie» de la ville : la crise des espaces publics comme lieux de coexistence et de mise en scène des différences, les replis sur des espaces socialement et/ou ethniquement homogènes. Les causes du «mal» : un changement de mode de production dans la ville. Des métropoles industrielles de type fordiste, où l'emploi d'une main-d'oeuvre de masse crée les conditions de fortes interdépendances et nécessite des systèmes redistributeurs, on passerait à des métropoles post-fordistes, où l'essor des mobilités diffuses, celui du chômage de masse et du travail flexible, conduit à l'accroissement des écarts sociaux. Une abondante littérature décrit ces tendances générales à l'éclatement des organismes urbains. Les termes employés varient et les réalités auxquelles il est fait référence sont diverses, mais les auteurs tombent d'accord sur l'utilité d'une notion nouvelle, la «fragmentation», qui se distingue nettement de la ségrégation (qui sépare les groupes citadins mais n'empêche pas que tous soient englobés dans un même système urbain).
Ce constat étant fait, n'aurait-on affaire finalement qu'au dernier avatar à la mode du concept de ségrégation ? Ou bien l'émergence de la notion s'inscrit-elle dans les transformations idéologiques et scientifiques de la fin du XXe siècle, dans la mesure où la lecture en termes de ségrégation s'inspirait de la pensée marxienne d'une société divisée en classes et d'espaces supports des rapports de domination économiques ?
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