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La cité des vents

Couverture du livre La cité des vents

Auteur : Pierre Yergeau

Date de saisie : 26/03/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : les 400 coups, Outremont, Québec, Canada

Collection : Littérature

Prix : 12.50 € / 81.99 F

ISBN : 2-84596-084-0

GENCOD : 9782845960848

Sorti le : 22/03/2007

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

PIERRE YERGEAU
La Cité des Vents

Georges, l'héritier du Grand Cirque d'Hiver, veut se payer le rêve américain. Il laisse derrière lui un Québec étouffant et traverse illégalement la frontière sous un chargement de poires trop mûres... Le camionneur lui avait dit «T'en fais pas : ça pue tellement qu'ils me croient sur parole. Tout passe à la frontière, même les cadavres.» Georges gagne Ogacihc (Chicago), la Cité des Vents. Là se côtoient tous les laissés-pour-compte de l'abondance, ses nouveaux compagnons de fortune, avec lesquels il va mettre sur pied un très lucratif commerce d'alcool de contrebande. Grâce au rêve, celui que chacun entretient au plus profond de lui, l'exilé rassemble les rejetés, les marginaux, et leur offre une seconde vie. Seul l'Amour lui échappe...

Le jour où Pierre Yergeau a publié L'écrivain public, l'Abitibi trouvait à jamais sa voix et sa place dans la mythologie contemporaine des lieux. Abitibien, Yergeau n'en est pas moins Américain, dans le sens plein du terme. La ville, la banlieue, la forêt, rien n'est étranger à cet homme qui habite désormais une petite ville des Laurentides.

«C'est un livre violent. Il y a un vrai souffle. Ça fait penser un peu à l'époque de la beat génération. On a un peu l'impression de lire un road novel. C'est un livre en mouvement, qui est écrit en bougeant. En même temps, il y a un côté satirique. Cette description de la ville de Chicago et de la société américaine à travers le regard des hobos, des vagabonds, c'est très prenant. C'est un très beau livre, qui ferait aussi un très beau film.»

Jean-Marie Le Clézio, juré du Prix des Cinq Continents





  • Les premières lignes

Descendu du Nord, de l'altitude zéro, j'avais escaladé des montagnes comme on en voit dans les natures mortes. Plus à l'ouest, il y avait l'attrait des neiges éternelles près de villages dont les habitants lançaient des cailloux aux vagabonds.
J'ai marché dans des plaines où l'on aurait cherché en vain un coin de terre inoccupé. Sans parler des lieux déser­tiques où j'ai croisé ce drôle de type, Trudy, qui venait de Coolwater. Il ne voulait pas aller à la guerre. Je l'aimais bien, même s'il avait des convictions.
Un jour, lorsque tout cela serait fini, il retournerait dans le Wisconsin et achèterait une petite maison. Moi, j'oubliais d'où je venais. Quelque part près du pôle magnétique, où les gens courent sur les rivières pour faire naviguer des billots de bois.
Ça m'a pris du temps avant de comprendre ce qu'était le Rêve. Trudy avait bien essayé. Au début c'était assez vague, comme ça, au clair de lune. Ça pouvait ressembler à un refuge, un endroit où l'on pouvait se planquer.
Un monde invisible qui se déroule en parallèle sur les écrans de Hollywood, une longue journée de plaisir où les invités tournent en rond devant les vitrines des grands magasins, les routes qui traversent le désert et l'amour au milieu des cactus ou des fleurs fanées. Je dis n'importe quoi, pas besoin de m'écouter.


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