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Les oeuvres de Jean Meckert. Volume 4, La tragédie de Lurs

Couverture du livre Les oeuvres de Jean Meckert. Volume 4, La tragédie de Lurs

Auteur : Jean Meckert

Préface : Stéfanie Delestré | Hervé Delouche

Date de saisie : 20/12/2007

Genre : Société Problèmes et services sociaux

Editeur : J. Losfeld, Paris, France

Collection : Arcanes

Prix : 10.00 € / 65.60 F

ISBN : 978-2-07-078739-5

GENCOD : 9782070787395

Sorti le : 08/03/2007

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Présenté par Stéfanie Delestré et Hervé Delouche

Les Éditions Joëlle Losfeld poursuivent, avec La tragédie de Lurs, la publication des inédits et des introuvables de Jean Meckert, alias Jean Amila.

En 1952, Meckert est envoyé à Lurs par le journal France Dimanche pour couvrir ce qui deviendra un des faits divers les plus retentissants du siècle : l'affaire Dominici. Deux ans plus tard, Meckert revient sur cette expérience et examine le rôle tenu par les médias dans le développement de l'affaire. Entre faits bruts et récit à scandale, il tente d'analyser le travail de journaliste et livre son propre point de vue sur des faits qui, cinquante ans plus tard, continuent de susciter des commentaires et d'alimenter des fictions.

Jean Meckert naît à Paris le 24 novembre 1910. Mobilisé en 1939, il est interné en Suisse en 1940 à la suite de la débâcle, et y écrit son premier roman, Les coups, que Gallimard accepte immédiatement. Suivront plusieurs autres romans admirés par Gide, Roger Martin du Gard, Queneau ou plus récemment Manchette et Annie Lebrun. Dès 1950, Marcel Duhamel le fait venir à la Série Noire où il s'impose comme l'un des meilleurs auteurs de polar français. Certains de ses romans seront adaptés au cinéma.

Ont déjà paru dans la collection Arcanes La marche au canon, Je suis un monstre et L'homme au marteau.





  • La revue de presse Gérard Meudal - Le Monde du 15 juin 2007

J'ai l'incroyable culot, écrit Jean Meckert qui publie la Tragédie de Lurs avant que ne se tienne le procès en 1954, d'écrire un livre pour dire simplement : je ne sais pas." Son but n'est pas d'accréditer la thèse de l'innocence ou de la culpabilité de Gaston Dominici ou d'un des membres de sa famille mais de raconter "l'histoire d'un spasme d'opinion devant un spectacle gratuit"...
Mais, soigneusement étayée par des faits précis et menée avec toute la rigueur d'un homme qui veut avant tout rester lucide et humain, l'analyse est impressionnante et finalement très fidèle à l'oeuvre romanesque d'un auteur qui a beaucoup écrit sur l'incommunicabilité entre les êtres.


  • La revue de presse Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 17 mai 2007

Qui est donc Jean Meckert (1910-1995) ? Fils d'anarchiste, ancien ouvrier, il s'était fait connaître en 1941 par «les Coups», roman âcre et rageur publié à la NRF grâce à Raymond Queneau et André Gide. Il écrit ensuite, sur la folie de l'épuration, l'un de ses plus beaux livres, «Nous avons les mains rouges», et devient dès 1950 le célèbre John Amila de la Série noire où, sans jamais abdiquer sa révolte, il signera une vingtaine de palpitants polars. «La Tragédie de Lurs» n'est pas un roman policier, c'est une enquête au plus près des faits. Le récit frappe par ses scrupules, sa rigueur, son refus de toute (mauvaise) littérature, sa détestation du sensationnel et de l'horrifique, son respect pour tous les acteurs du drame. Avant de conclure que «les monstres servent d'exutoire au sadisme larvé des honnêtes gens», Jean Meckert déroule un impeccable et implacable récit. Un «De sang-froid» à la française. Avec douze ans d'avance.


  • La revue de presse Edouard Waintrop - Libération du 26 avril 2007

On sous-entend une dimension sexuelle au triple meurtre. On condamne d'avance Gaston. Meckert est surpris par le manque de clarté des preuves, souligne les préjugés, fait preuve d'une certaine solidarité avec les habitants de ces hautes terres qui travaillent dur et ont été pour la plupart comme lui des résistants actifs. Il s'inquiète de l'avenir d'une police et d'une justice qui doivent opérer sous tension. Gaston Dominici sera condamné à mort. En 1957, le président Coty commuera sa peine en perpétuité avant que le général de Gaulle le gracie en 1960 et le fasse libérer. Il est probable que ce jour-là, Meckert se soit senti soulagé.


  • La revue de presse Martine Laval - Télérama du 28 mars 2007

La Tragédie de Lurs est un roman reportage, une enquête sur l'enquête qui dérailla. On se souvient de l'affaire Grégory, du «sublime, forcément sublime» de Marguerite Duras lâché dans Libération. Roland Barthes, lui, dans Mythologies, s'en tint à un formidable : «Dominici ou le triomphe de la littérature».
C'est bien ce qu'en fait Jean Meckert, un vrai roman, avec suspense, rebondissements et humour noir, garanti 100 % polar. Délation, faux témoignage, vieilles rancunes, suspicion - celui-là n'est-il pas communiste ? Et celui-ci était-il vraiment résistant ? Aux alentours de Lurs, la population règle ses comptes (genre : droit de passage sur un terrain), chacun scrute l'autre comme un ennemi...



  • Les premières lignes

Extrait de la préface de Stéfanie Delestré et Hervé Delouche :

La tragédie de Lurs est à plus d'un titre une curiosité.
Curiosité dans l'oeuvre de son auteur d'abord, qui, à de très rares exceptions près, ne s'est guère éloigné du domaine romanesque où il s'est illustré par des qualités de conteur et de styliste qui lui valurent l'admiration et l'amitié de Martin du Gard, Queneau ou Gide. La marche au canon, Les coups, L'homme au marteau, La ville de plomb ou, plus tard, Y a pas de bon Dieu, frappent certes par le profond ancrage de leurs protagonistes dans la réalité quotidienne, mais ils conservent cette licence narrative que seul peut s'autoriser un auteur de fiction.
Rien de tel avec La tragédie de Lurs, davantage connue du public sous le nom d'affaire Dominici, déjà en elle-même si saturée d'éléments dramatiques qu'elle reste encore un demi-siècle plus tard l'une des affaires criminelles les plus marquantes du XXe siècle. Son impact demeure vif aujourd'hui : en témoigne l'énorme succès d'audience du téléfilm à thèse diffusé sur TF1 en 2003.
Dans ce récit écrit avant le procès en assises, Meckert semble au contraire soucieux de s'en tenir strictement aux faits vérifiés et de résister, au moins le temps de cet ouvrage commandé par Gaston Gallimard et publié en 1954, à toute velléité d'interprétation et de dérive romanesque.
Car Meckert a suivi en témoin privilégié l'enquête sur ce triple crime sordide pour le compte, semble-t-il, du journal France Dimanche.
De la découverte des corps des Drummond, un couple de touristes anglais, et de leur fille, à Lurs, petite commune de ces Basses-Alpes devenues Alpes-de-Haute-Provence, près de la ferme de la famille Dominici, au petit matin du 5 août 1952, à l'inculpation de Gaston Dominici, le 16 novembre 1953, en passant par les multiples rebondis­sements de l'affaire (qui en connaîtra bien d'autres après le procès), Meckert revient ainsi sur les éléments d'un dossier fragile et complexe dont s'est largement emparée la presse. S'il porte un regard qui se veut rigoureux, objectif et distancié sur les événements et les acteurs du drame et de l'enquête, c'est en revanche leur relation dans les journaux et, précisément, la «littérature» à laquelle elle a donné lieu qu'il stigmatise.


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