Passion du livre - tout sur le livre : Coxyde

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Coxyde

Couverture du livre Coxyde

Auteur : Rémi Bertrand

Date de saisie : 24/03/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : le Somnambule équivoque, Liège, Belgique

Collection : Fulgurances, n° 7

Prix : 10.00 € / 65.60 F

ISBN : 2-930377-12-7

GENCOD : 9782930377124

Sorti le : 08/11/2006

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  • La présentation de l'éditeur

De Marcinelle à Paris, de Mons à Coxyde, Rémi Bertrand traverse le quotidien en douce compagnie et «fait des livres» en posant sur le monde un regard faussement naïf. À vingt-quatre ans, il a déjà publié un bref roman sur l'euthanasie (La Mandarine blanche), un divertissement sur les synonymes (Un bouquin n'est pas un livre) et un «voyage en Delermie» (Philippe Delerm et le minimalisme positif).

Clément n'a qu'un rêve : fabriquer des livres. Marie vient bousculer cette certitude; à Clément de retrouver les traces, comme autant de preuves de sa vocation. Les amants se laissent dériver. Paris, Versailles... Enfin, la Mer du Nord qui réveille en eux des images, des sensations... Comment ont-ils pu ignorer ce passé commun ? S'étaient-ils déjà frôlés, en vacances, en enfance ?

Il y a Clément (qui se destine à l'édition). Il y a Marie (qui veut savoir pourquoi). Entre les amoureux, Coxyde, que chacun connaît différemment. Le village côtier et ses cuistax, ses gaufres, ses villas aux tuiles orangées, le bateau amphibie, l'Horloge, La Vigie, Peter Pan, Siska, le Musée Delvaux... Mais aussi, un étrange petit livre cartonné. Comme une réponse à leur amour.





  • Les premières lignes

Étonnamment, c'est au fond d'une boîte à chaussures, extraite de l'entassement d'archives en tout genre accumulées sous mon lit jusqu'à en être devenu un pilier de soutien, que je découvris le petit classeur artisanal dont la dernière page manuscrite m'apprit que, en 1991, le départ familial pour la mer eut lieu le jour de la Saint Marcelin, le samedi 6 avril exactement, journée marquée par un lever de soleil annoncé à 5 h 21 et un coucher à 18 h 27 - et non 25, comme le laissaient apparaître les traces d'une écriture antérieure -, et par la prévision d'une demi-lune pour le lendemain, sous réserve d'une interprétation plus habile du dessin qui, près du bord inférieur du feuillet, figurait un croissant.
Je dois préciser que cette recherche entreprise au coeur du capharnaüm sur lequel je dormais depuis vingt ans résultait en quelque sorte d'une commande passée par Marie à l'occasion de l'enquête amoureuse qu'elle menait depuis notre rencontre, un an auparavant. Avant même le premier baiser, qui était pourtant advenu assez rapidement, Marie s'était décidée à aborder ma personne comme un sujet d'étude. «Je ne veux pas connaître les choses que tu regardes mais la façon dont tu les regardes», me confierait-elle lorsque, au cours d'une visite touristique organisée pour célébrer notre premier mois d'échanges buccaux, je m'inquiétai du peu d'intérêt qu'elle semblait porter à la ville.
Je constate rétrospectivement que, par exemple en matière d'études ou de projections dans un avenir professionnel (sujet qui avait longtemps stagné sur un on-verra-bien-à-ce-moment-là avant de virer à l'interrogation maladive, du jour au lendemain - le lendemain de la remise du diplôme exactement), Marie avait analysé mes moindres velléités afin de mieux se représenter le monde dans lequel je vivais. Et à présent que je lui avais fait part de ma résolution à trouver un poste dans le secteur de l'édition, je ne pus échapper à son processus d'investigation.
- Est-ce que je peux te poser une question sémiologique ?


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