Auteur : Jean-Daniel Dubois
Date de saisie : 24/03/2007
Genre : Religion, Spiritualité
Editeur : Librio, Paris, France
Collection : Textes sacrés, n° 806
Prix : 2.00 € / 13.12 F
ISBN : 2-290-00008-6
GENCOD : 9782290000083
Sorti le : 09/03/2007
Jean-Daniel Dubois
Jean-Daniel Dubois est directeur d'études à l'École pratique des hautes études, en Sorbonne, Paris. Enseignant-chercheur, il dirige, au CNRS, les activités de l'équipe «Sources gnostiques et manichéennes». Directeur de la revue Apocrypha, il offre une présentation et une sélection de quelques textes parmi les plus célèbres.
La littérature apocryphe a longtemps nourri les sermons et les débats théologiques. Même si elle n'a pas toujours été reconnue à sa juste valeur, elle attise la curiosité du plus grand nombre. Depuis la médiatisation de textes tels l'Évangile de Judas ou le roman de Dan Brown, Da Vinci Code, ce ne sont plus seulement les spécialistes qui cherchent à les découvrir mais aussi le grand public.
Cette littérature riche, dont de nouveaux manuscrits sont découverts chaque année, nous dévoile des traditions anciennes du christianisme primitif et nous offre une nouvelle vision des débuts de l'ère chrétienne. Cela confère à ces écrits un intérêt inestimable pour l'histoire de la naissance du christianisme et rend ces récits plus cruciaux pour la culture européenne que les fables et autres chansons de geste du Moyen Âge, dont ils sont d'ailleurs l'une des principales inspirations.
Une présentation claire et détaillée de l'état de nos connaissances actuelles sur les textes apocryphes.
L'Evangile de Judas : une découverte récente
Après des mois d'annonces sensationnelles sur Internet et la publication en ligne de fragments de traduction, le texte copte de l'Évangile de Judas paraît enfin sur le site de la National Géographie Society, le 6 avril 2006. Il est accompagné d'une traduction provisoire en anglais. Quelques jours plus tard, une traduction française est disponible sur le site de l'université de Genève. Quelques semaines après, un volume de présentation du nouvel évangile est confectionné par les premiers éditeurs. Puis d'autres études sont publiées en Hollande, en Espagne. À Paris, Madeleine Scopello, chercheur au CNRS, organise un colloque international à la Sorbonne fin octobre 2006. En quelques mois, le monde savant s'est emparé de ce nouvel apocryphe.
On sait désormais que cet évangile faisait partie d'une bibliothèque : le Codex Tchacos, du nom de son dernier acquéreur, a circulé pendant une vingtaine d'années entre plusieurs antiquaires avant d'être définitivement acheté. Il contient quatre textes coptes dont trois sont déjà attestés par ailleurs : une Lettre de Pierre à Philippe, une Apocalypse de Jacques et des pages d'un ouvrage incomplet, Allogènes. Seul le troisième texte du codex de papyrus, l'Évangile de Judas, était inconnu jusqu'à présent. C'est donc une découverte remarquable qui remet les apocryphes sur le devant de la scène médiatique.
Ce que l'on peut reconstituer de la quinzaine de pages endommagées du nouvel évangile présente le groupe des disciples de Jésus dans un scénario narratif analogue aux récits de la Passion. Mais à la différence de la Bible, Judas ne trahit pas son maître au Jardin de Gethsémani, mais dans la Chambre Haute où les disciples sont réunis pour un repas. Il est fait mention de dialogues entre Jésus et ses disciples sur la création du monde, l'origine du genre humain et leur destin final. Curieusement, Judas n'a pas l'image sombre que la Bible donne de lui : disciple supérieur aux autres, il accomplit le mystère de la «trahison», c'est-à-dire qu'il sait qu'en agissant comme traître, il permet à Jésus de se défaire de son enveloppe charnelle. On est loin du célèbre baiser de Judas.
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