Auteur : Anny Dayan Rosenman
Préface : Annette Wieviorka
Date de saisie : 24/03/2007
Genre : Histoire
Editeur : CNRS Editions, Paris, France
Prix : 25.00 € / 163.99 F
ISBN : 2-271-06488-0
GENCOD : 9782271064882
Primo Levi, Elie Wiesel, Imre Kertész, Anna Langfus, Jean Améry ou encore Shoah, le film de Claude Lanzmann : autant de récits arrachés au silence, à une mort de masse, à la volonté de déshumaniser l'homme. Cet ouvrage propose une lecture en écho de ces textes, interrogeant les blessures, les contradictions douloureuses mais aussi les enjeux vitaux qui traversent toute écriture de témoignage sur un génocide.
De cette lecture se détachent trois figures nées du désastre qui se recoupent sans totalement se recouvrir : le survivant revenu, tel Lazare, d'entre les morts ; le témoin attestant par son être même la vérité de son récit et de son expérience au risque de s'y engloutir ; l'écrivain-survivant, en lutte avec les mots, prêtant parfois sa voix ou sa plume à des voix mortes qui le traversent.
Face à elles, la présence de l'Autre du témoignage, figure d'écoute et de transmission quand il accepte de traverser ces alphabets de la douleur et du courage de dire, qui constituent pour lui comme pour nous, des alphabets de l'humain.
Anny Dayan Rosenman est Maître de conférence en littérature à l'Université Paris VII-Denis Diderot. Elle travaille sur le témoignage et sur le rôle des mémoires traumatiques dans la construction des identités collectives.
Extrait de la préface d'Annette Wieviorka :
«Seul l'art a le pouvoir de sortir la souffrance de l'abîme» écrit Aharon Appelfeld. Et l'écrivain de constater que par sa nature même, «l'art réduit sans cesse le processus qui réduit l'individu à l'anonymat. Une personne n'est pas un simple corpuscule en mouvement pris dans des processus historiques violents. Une personne est un microcosme qui non seulement cherche éperdument sa place légitime dans le monde, mais aussi sa propre réhabilitation».
Appelfeld est écrivain. Il se méfie des concepts. Il se méfie aussi de la demande d'histoire chez les survivants : «les gens réclamaient des faits, des faits précis, comme si en eux résidait le pouvoir de résoudre toutes les énigmes». La littérature ne résoud pas toutes les énigmes. Mais elle nous introduit à l'énigme. Elle déplace l'énigme. Elle devient à son tour énigme. Et elle peut être interrogée, scrutée, analysée.
C'est ce que fait Anny Dayan Rosenmann dans un livre superbe. Un cadeau pour tous ceux qui ont lu et médité le corpus désormais immense de toutes les écritures liées aux désastres du siècle. Anny Dayan Rosenmann écrit dans une langue limpide, élégante, sensible. Comme si l'interrogation qui est au coeur de sa démarche : comment a été mis en forme (récit, roman, poésie...) le témoignage ? s'était doublée d'une interrogation parallèle : comment trouver les mots pour rendre compte de ce travail d'écriture ?
En 1995 Anny Dayan Rosenmann soutenait sa thèse, Deuil, identité, écriture. Les traces de la Shoah dans la mémoire juive en France.
Ce qui aurait pu être une fin s'est avéré un point de départ. Anny Dayan Rosenman a consacré les dix années qui ont suivi la soutenance de sa thèse à prolonger et à creuser un travail déjà important. (...)
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