Auteur : Denis Diderot
Date de saisie : 23/03/2007
Genre : Education, Pédagogie
Editeur : Larousse, Paris, France
Collection : Petits classiques Larousse, n° 99
Prix : 3.95 € / 25.91 F
ISBN : 978-2-03-583412-6
GENCOD : 9782035834126
Sorti le : 21/02/2007
Jacques le Fataliste pose la question du destin : tout est-il écrit ? Ou bien la vie humaine avance-t-elle au hasard ? Dans ce dialogue philosophique qui est aussi un formidable roman picaresque, la fiction se déploie en plusieurs histoires cocasses, ou parfois lestes, narrées par différents conteurs rencontrés en chemin. Toutes semblent en quête d'une vérité qui se dérobe, sur l'homme, ou sur ce qui sépare le bien du mal. Car Diderot ne répond pas aux questions qu'il pose : il initie son lecteur à penser librement.
Le dossier
Avant d'aborder l'oeuvre
° Fiche d'identité de l'auteur
° Repères chronologiques
° Fiche d'identité de l'oeuvre
° L'oeuvre dans son siècle
° Lire Jacques le Fataliste et son maître aujourd'hui
Pour approfondir
° Clefs de lecture
° Genre, action, personnages
° L'oeuvre : origines et prolongements
° L'oeuvre : son courant, ses tendances
° Vers le bac : écrit et oral
° Outils de lecture Bibliographie et filmographie
Comment s'étaient-ils rencontrés ? Par hasard, comme tout le monde. Comment s'appelaient-ils ? Que vous importe ? D'où venaient-ils ? Du lieu le plus prochain. Où allaient-ils ? Est-ce que l'on sait où l'on va ? Que disaient-ils ? Le maître ne disait rien ; et 5 Jacques disait que son capitaine disait que tout ce qui nous arrive de bien et de mal ici-bas était écrit là-haut.
LE MAÎTRE. C'est un grand mot que cela.
JACQUES. Mon capitaine ajoutait que chaque balle qui partait d'un fusil avait son billet.
LE MAÎTRE. Et il avait raison...
Après une courte pause, Jacques s'écria : Que le diable emporte le cabaretier et son cabaret !
LE MAÎTRE. Pourquoi donner au diable son prochain ? Cela n'est pas chrétien.
JACQUES. C'est que, tandis que je m'enivre de son mauvais vin, j'oublie de mener nos chevaux à l'abreuvoir. Mon père s'en aperçoit ; il se fâche. Je hoche de la tête ; il prend un bâton et m'en frotte un peu durement les épaules. Un régiment passait pour aller au camp devant Fontenoy ; de dépit je m'enrôle. Nous arrivons ; la bataille se donne.
LE MAÎTRE. Et tu reçois la balle à ton adresse.
Jacques. Vous l'avez deviné ; un coup de feu au genou ; et Dieu sait les bonnes et mauvaises aventures amenées par ce coup de feu. Elles se tiennent ni plus ni moins que les chaînons d'une gourmette. Sans ce coup de feu, par exemple, je crois que je n'aurais été amoureux de ma vie, ni boiteux. Le maître. Tu as donc été amoureux ? Jacques. Si je l'ai été !
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