Auteur : Alexandre Kalda
Date de saisie : 22/03/2007
Genre : Récits de Voyages
Editeur : Grasset, Paris, France
Prix : 18.90 € / 123.98 F
ISBN : 978-2-246-52452-6
GENCOD : 9782246524526
Sorti le : 07/03/2007
Promenade en Inde
Pour comprendre l'Inde, il faut y avoir vécu plus de vingt ans comme le fit Alexandre Kalda dont le nom, à l'ashram de Sri Aurobindo, fut Archaka (en sanskrit, celui qui invoque la lumière). Promenade en Inde est le résultat de l'expérience exceptionnelle de l'auteur qui étudia la civilisation, la culture et la vie quotidienne d'un pays tellement étranger à l'Occident.
A la fois récit de voyage, quête ethnologique et essai métaphysique, ce texte vivant, documenté et attachant permet une approche originale et authentique de l'Inde. Attentif et passionné, le regard d'Alexandre Kalda a su discerner, derrière les visages, les paysages et les mots, l'âme de l'Inde.
«Un livre dense, fort, où chaque page est une clef sur l'un des pays les plus mystérieux de la planète.»
Christine de Rivoyre, Archaka.
Né le 27 décembre 1942, Alexandre Kalda publie son premier roman. Tantale, chez Grasset à l'âge de 16 ans. C'est en 1975 qu'il part vivre en Inde dans l'ashram de Sri Aurobindo. Le 7 février 1996, il meurt subitement à Pondichéry.
L'Himalaya
C'est l'histoire du monde qui est écrite dans la multiplicité géographique de l'Inde. Et si je pense à l'orchestration des lignes, des formes et des couleurs, avec en contrepoint la variété des climats, je rêve aussi à l'Inde préindienne, préhumaine, préhistorique, dont tout témoigne en secret. A l'âge, par exemple, où l'Himalaya n'existait pas encore et auquel a mis fin le lent surgissement de ses cimes, hautes parfois de près de neuf mille mètres, qui ont crevé l'écorce terrestre en même temps qu'ailleurs, dans de formidables déchirures telluriques, sombraient des continents dont nous ne saurons jamais rien. L'Everest et l'Annapuma, pour dresser leur front couronné de neige, devenir les trônes des dieux et soutenir le toit du ciel, ont exigé en sacrifice l'éventrement de la terre sous le ciseau de séismes et de déluges que nous ne saurions nous figurer.
Qu'ont vu ces sommets intemporels, dont nous ne nous doutons pas ? De quelle gésine leur silence imperturbable porte-t-il témoignage ? De quel chaos, de quels effondrements, de quelle fin du monde leur terrifiant gigantisme est-il né ? On dirait que la matière, en se haussant vers les cieux et en anéantissant une partie de ce qu'elle avait jusqu'alors enfanté, a voulu se diviniser.
Nous sommes donc vraiment ailleurs. Ou bien faut-il dire que nous ne sommes plus nulle part ? Cet ailleurs, en tout cas, ou ce nulle part a physiquement un visage, un corps, une apparence. Non pas, maintenant, son caparaçon de temples flamboyants et la parure de ses demeures palatiales, non pas le cantique pétrifié des siècles de dévotion et de faste au milieu de la misère générale, mais la chair tour à tour luxuriante et pelée, enchanteresse et inquiétante de ses paysages où, comme dans une symphonie planétaire, se fondent les thèmes de tous les paysages du monde.
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