Auteur : Deborah Moggach
Traducteur : Jean Bourdier
Date de saisie : 04/04/2007
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Ed. de Fallois, Paris, France
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 978-2-87706-611-2
GENCOD : 9782877066112
«Drôle, touchant et si plein de couleur et de détails visuels qu'on a l'impression, après l'avoir terminé, d'avoir déjà vu le film.»
Daily Telegraph
Délocaliser les vieillards ! C'est l'idée lumineuse qui va sauver le docteur Ravi Kapoor, un médecin londonien épuisé par son travail quotidien et surtout par les soucis que lui cause son insupportable beau-père, Norman Purse, un vieux satrape aux révoltantes manies, combinant avec un rare bonheur l'égoïsme, le sans-gêne et l'obsession sexuelle sénile.
Déjà expulsé de toutes les maisons de retraite convenables, Norman semblait impossible à recaser. C'est alors qu'un cousin de Ravi, un homme d'affaires au dynamisme sans bornes, va créer en Inde une chaîne de maisons de retraite très «Vieille Angleterre», où les Britanniques d'âge avancé, déconcertés et parfois même affolés par les conditions de vie nouvelles de leur pays natal, pourront retrouver, au soleil et dans la paix, les moeurs et l'atmosphère de leur jeunesse évanouie.
Dans la grande tradition de la littérature satirique anglaise, Deborah Moggach met en scène avec un humour acerbe, mais souvent teinté de tendresse, ce petit monde dépassé par le temps, mais qui ne va tarder à découvrir que la vie peut encore apporter d'étranges bonheurs.
Deborah Moggach est l'auteur de quinze romans, deux recueils de nouvelles et plusieurs scénarios de télévision très remarqués, ainsi que d'une adaptation cinématographique d'Orgueil et préjugés de Jane Austen.
La Vérité vous rendra libre.
SWAMI PURNA
Une septuagénaire nommée Muriel Donnelly fut laissée à l'abandon dans un recoin d'hôpital pendant quarante-huit heures. Elle y avait été admise avec plaies, ecchymoses et une probable commotion à la suite d'une chute dans la rue principale de Peckham. Deux jours durant, elle resta au service des admissions, sans soins, le sang se coagulant sur ses vêtements.
Cela fit les manchettes de la presse populaire. DEUX JOURS ! clamaient-elles. Deux jours sur un brancard, seule, vieille et négligée. L'hôpital St Jude se trouva assailli par des reporters qui bousculaient les infirmières et hurlaient dans leurs portables au mépris de tout règlement. Des photos montraient Muriel Donnelly, la tête sur l'épaule et l'oeil poché. Etait-ce pour un tel sort que cette courageuse retraitée avait traversé autrefois le Blitz de Londres ? Son image fut diffusée dans le pays tout entier : Muriel Donnelly, la dernière victime de la décomposition du NHS, le dernier cas montrant que le système de santé britannique, naguère le meilleur du monde, se désintégrait sous les effets combinés d'un manque de financement, d'un personnel insuffisant et d'un moral partant à la dérive.
Un article larmoyant à souhait parut dans le Daily Mail, une enquête interne fut ordonnée. Le Dr Ravi Kapoor fut interrogé. Il se montra fatigué mais poli. Il déclara que Mrs Donnelly avait reçu les soins appropriés et qu'elle attendait un lit. Il ne précisa pas qu'il aurait vendu son âme au Diable pour une heure de sommeil. Il ne précisa pas non plus que, depuis la fermeture du service des urgences à l'hôpital voisin, le sien, St Jude, devait faire face à un nombre double de cas d'ivresse publique, d'overdoses et d'agressions diverses, et que celui-là même allait bientôt fermer aussi, car son emplacement, au centre de Lewisham, était jugé trop digne d'intérêt pour qu'on le laisse à de simples malades, que le groupe privé qui l'avait repris l'avait vendu à Safeways, qui comptait y construire un hypermarché.
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