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Les morts de Sébastien Danger

Couverture du livre Les morts de Sébastien Danger

Auteur : Michel Lagrange

Date de saisie : 23/03/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Galilée, Paris, France

Prix : 25.00 € / 163.99 F

ISBN : 978-2-7186-0738-2

GENCOD : 9782718607382

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  • La présentation de l'éditeur

Le destin de Sébastien Danger - mendiant, tricheur, assassin peut-être - semble en prise directe sur le chaos de la vie. Sa quête de l'enfer doit être à la hauteur de la culpabilité dont son enfance lui a laissé un sentiment indélébile.

Pourtant, se découvre lentement en lui l'espoir de devenir l'artisan de sa renaissance. Cette lumière aura son lieu : la Galerie Tretiakov de Moscou, dans les icônes de Roublev.





  • Les premières lignes

Sébastien Danger naquit en pleine guerre au-dessus du magasin A Perséphone que tenaient ses parents, rue de la Liberté. Deux vitrines présentaient les éléments secrets de l'élégance féminine : bustiers, corsets, sou­tiens-gorge, accessoires, devant lesquels le petit Sébas­tien rêvait longuement, guettant, derrière le comptoir, les clientes qui disparaissaient dans les cabines d'essayage, et en ressortaient perplexes, ou décidées à acheter.
Images volées, formes livrées à ses regards, à son esprit d'enfant, jeux multipliés des mystères et des ambiguïtés.
La rue de la Liberté était l'artère centrale la plus ancienne de la ville, qu'elle traversait, en ligne droite, depuis un square où trônait l'ours blanc grandeur nature d'un sculpteur quasiment génial, jusqu'à une place, appelée jadis «Royale», puis «d'Armes», enfin «de la Libération», où se dressait l'ancien palais des ducs de Bourgogne, devenu l'Hôtel de ville. Au centre de sa façade, trônait dans une niche une Athéna casquée, revêtue de l'égide. Entre le square et la place, une porte triomphale était dédiée au prince de Condé, un carrefour s'appelait «du Miroir».
Durant quelle guerre naquit Sébastien ? Peu importe. Les guerres se ressemblent, comme se ressemblent les hommes lorsque les passions les entraînent. L'enfant était né neuf mois après une permission de son père aussi brève que survoltée. En ville, alors que l'enfant poussait ses premiers cris, les gens continuèrent à s'occuper de leur petit confort-malgré-tout, à s'enrichir, à résister. La guerre dramatise des termes tels que «liberté», «patriotisme», «grandeur de l'homme et du citoyen», ou «lâcheté», «démission»...
Cette guerre, le bombardement de la gare voisine, l'obligation pour les parents de Sébastien de protéger les vitrines du magasin désormais barrées de croix de Saint-André en adhésif couleur chair, les alertes où l'on se réfugiait dans la minuscule salle de bains aveugle, coincée entre deux chambres, furent pour l'enfant une initiation à la peur, au mystère, une indélébile expérience de l'obscurité protectrice et capricieuse.


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