Auteur : Catherine Vidal
Date de saisie : 06/04/2007
Genre : Médecine, Santé
Editeur : le Pommier, Paris, France
Collection : Les petites pommes du savoir, n° 93
Prix : 4.50 € / 29.52 F
ISBN : 978-2-7465-0322-9
GENCOD : 9782746503229
Hommes, femmes, avons-nous le même cerveau ? La différence des sexes s'expliquerait-elle, dès la naissance, par une différence de structure entre le cerveau des garçons et des filles ? Nos identités d'hommes et de femmes seraient alors irrémédiablement déterminées ? Et si nous quittions Mars et Vénus pour nous intéresser aux recherches les plus récentes sur le sujet et aux formidables capacités d'un organe vraiment pas comme les autres : notre cerveau ?
Les Petites Pommes du Savoir
Des réponses brèves, claires et sérieuses aux questions que vous vous posez sur le monde.
Le cerveau a-t-il un sexe ? Nos identités d'hommes et de femmes seraient-elles figées dès la naissance ? Entre idées reçues et fausses évidences, les partisans du déterminisme biologique n'ont que l'embarras du choix. C'est pourtant oublier que le cerveau n'est pas un organe comme les autres - il est le siège de la pensée - et faire l'impasse sur les connaissances les plus récentes sur son fonctionnement. Or, les recherches en cours tendent à montrer que nos aptitudes et nos personnalités sont loin d'être figées dans le cerveau. Grâce à ses formidables propriétés de «plasticité», celui-ci fabrique sans cesse des nouveaux circuits de neurones en fonction de l'apprentissage et de l'expérience vécue. Garçons et filles, éduqués différemment, peuvent montrer des divergences de fonctionnement cérébral, mais cela ne signifie pas que ces différences sont présentes dans le cerveau depuis la naissance !
Neurobiologiste, Catherine Vidal est directrice de recherche à l'Institut Pasteur.
La taille du cerveau, le sexe et l'intelligence
Au début du XIXe siècle, les médecins anatomistes cherchaient à comprendre l'esprit humain à travers la forme des bosses du crâne. C'était l'époque de la phrénologie, fondée par l'Autrichien Franz Josef Gall. À l'évidence, les hommes avaient la bosse des maths et du pouvoir, tandis que les femmes avaient celles du ménage et de l'amour maternel. La méthode était commode pour expliquer la hiérarchie sociale entre les hommes et les femmes.
Dans la deuxième partie du XIXe siècle, on est passé du crâne au cerveau. Les neurologues ont cherché avec passion à établir des relations entre le volume du cerveau et l'intelligence. Pour une majorité d'entre eux, il était évident que le cerveau des hommes était plus gros que celui des femmes. De même, ils étaient convaincus que le volume du cerveau était naturellement plus gros chez les Blancs que chez les Noirs, ainsi que chez les patrons comparativement aux ouvriers. Le médecin français Paul Broca a largement contribué à défendre ces thèses. D'après ses mesures du volume et du poids de cerveaux de cadavres, il calcula une différence de 181 g entre le poids moyen des cerveaux des hommes (1325 g) et des femmes (1144 g). Broca était bien conscient de l'influence de la carrure sur la taille du cerveau, mais il ne jugea pas nécessaire de la prendre en compte. Ainsi, il déclarait : «On s'est demandé si la petitesse du cerveau de la femme ne dépendait pas exclusivement de la petitesse de son corps. Pourtant, il ne faut pas perdre de vue que la femme est en moyenne un peu moins intelligente que l'homme. Il est donc permis de supposer que la petitesse relative du cerveau de la femme dépend à la fois de son infériorité physique et de son infériorité intellectuelle.»
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