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Souvenirs d'immensité avec troubles de la vision

Couverture du livre Souvenirs d'immensité avec troubles de la vision

Auteur : Marcel Moreau

Date de saisie : 19/03/2007

Genre : Récits de Voyages

Editeur : Arfuyen, Paris, France

Collection : Cahiers d'Arfuyen, n° 167

Prix : 12.00 € / 78.71 F

ISBN : 978-2-84590-104-9

GENCOD : 9782845901049

Sorti le : 08/03/2007

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  • La présentation de l'éditeur

Je voyageais comme j'écris, en dévorateur du visible et de l'invisible. Un voyage, une écriture, chez moi, c'est la conquête d'une vérité qui n'est pas toujours ni belle, ni chatoyante, ni rassurante. C'est aussi m'en aller à ses relents, ses sueurs, ses déjections, non pour m'y vautrer, mais pour mettre ma propre humilité à l'épreuve du courage qu'elle exige, pour la regarder en face et en accepter les conséquences.

Marcel Moreau





  • Les premières lignes

Extrait de l'avant-propos :

J'ai retrouvé la trace du brouillon de ce livre au fond d'une malle. Je le croyais mort. Il était pire que mort, il manquait d'agréments, comme impropre à la consommation. Il semblait n'avoir gardé de ses origines qu'un goût immodéré pour le Mouvement, y compris le tournis. Malgré son état, il lui restait quelque chose, dans les articulations, du rythme inexorable, de la trépidation «ferroviaire» qui en avaient scandé la graphie. J'en conclus qu'il méritait un style, à commencer par une sorte de «rééducation motrice», rehaussée de musique.

L'écriture est imprévisible. Certaine me fait l'effet d'être mal née, disgracieuse à jamais. À voir... Peut-être attend-elle patiemment de son auteur un geste fort, un regard accru, monté en sagacité. Vingt ans après, ce livre se met à dire sa nécessité, à en légitimer les égarements, les ancrages. C'est vrai : pour en arriver là, j'y suis allé de ma poigne de correcteur, laquelle a sa raison, que le cartésianisme ignore. Aujourd'hui mes mots me racontent plusieurs voyages à la fois - en moi, en train, en orbite, en l'enfance de l'art, dans des décombres d'Espérance, sans compter le voyage en chute libre, rien que pour le pur vertige de tomber du haut de la bêtise humaine et monumentale. Il en faut plus pour me dépayser. Voyager ainsi, c'est jouer avec les aiguillages, les danser, au lieu de se les compliquer, c'est leur souffler dessus au point qu'ils s'en désenchevêtrent, s'en échevellent. Dès lors, le déraillement participe de la sidération recherchée. Il m'invite à contempler les fulgurances comme si c'étaient des tableaux, des sites, d'immuables objets de curiosité, voire d'émerveillement, il est possible que les lecteurs de ce texte se sentent ici et là déroutés par ses entorses à la chronologie. En le retravaillant, je ne pouvais pas moi-même ne pas éprouver ce genre de désorientation. Pourtant, du rythme imprimé par l'écriture aux restitutions de la mémoire me venait soudain le sentiment, un brin vacillant, d'être en règle avec mon vécu, qu'il se datât au présent ou au passé.


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