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De soie et de sang

Couverture du livre De soie et de sang

Auteur : Xiaolong Qiu

Traducteur : Franchita Gonzalez Battle

Date de saisie : 12/10/2007

Genre : Policiers

Editeur : L. Levi, Paris, France

Collection : Policier

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 978-2-86746-444-7

GENCOD : 9782867464447

Sorti le : 10/05/2007


  • La présentation de l'éditeur

Une femme en qipao rouge. Assassinée. Le vêtement est le symbole de l'élégance bourgeoise des années trente. Un symbole à renverser, pour les tenants de la pensée révolutionnaire. Est-ce la clé du meurtre, et de ceux qui vont suivre ? L'inspecteur principal Chen, aux prises avec ce tueur en série, le premier de l'histoire de Shanghai, se raccroche à Confucius : Il y a des choses qu'un homme fait, et d'autres qu'il ne fait pas. Mais dans une époque de transition aussi mouvante que celle de la Chine post-Mao, peut-on avec certitude différencier le bien du mal ? Car la Révolution culturelle, et son cortège de meurtrissures, est passée par là...

Qiu Xiaolong est né à Shanghai. Lors de la Révolution culturelle, son père est la cible des révolutionnaires et lui-même est interdit d'école. Il réussit néanmoins à soutenir une thèse sur T.S. Eliot et poursuit ses recherches aux États-Unis. Les événements de Tian'an men le décideront à y rester. Il choisit alors d'écrire en langue anglaise et publie successivement Mort d'une héroïne rouge, Visa pour Shanghai, Encres de Chine et Le Très Corruptible Mandarin. Ses romans sont aujourd'hui traduits dans une douzaine de pays.



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  • La revue de presse Gérard Meudal - Le Monde du 31 mai 2007

Si tous les livres de Qiu Xiaolong s'attachent à dénoncer les travers de la société chinoise contemporaine, comme le tandem Sjöwall et Wahlöö, créateur de l'inspecteur Martin Beck, analysait la société suédoise des années 1960, l'auteur insiste généralement sur les traumatismes engendrés par la Révolution culturelle, dont il fut lui-même victime...
Son personnage fétiche, l'inspecteur Chen Cao, dont c'est ici la cinquième aventure, est une des créations les plus originales du roman policier contemporain. Flic intègre, mais pas trop tout de même, il ne pourrait survivre sans quelques compromissions et a besoin d'amis haut placés. Il s'efforce de louvoyer dans les méandres d'une société autoritaire et corrompue où les nouveaux riches étalent un luxe extravagant, où les trafics prospèrent tandis que la police a pour fonction essentielle non pas de faire régner l'ordre, mais de permettre au pays d'afficher une image honorable aux yeux de l'étranger.



  • Les premières lignes

Extrait du prologue :

L'haleine du maître ouvrier Huang, un des lève-tôt de Shanghai qui courait dans la rue de Huaihai Ouest, se transformait en buée sous les étoiles pâlissantes. Cet homme de soixante-cinq ans environ avait encore une foulée vigoureuse, même s'il essuyait son front en sueur. En fin de compte, la santé est plus précieuse que tout le reste, pensa-t-il fièrement. Que pouvaient représenter pour les Messieurs Gros-Sous maladifs tout l'or et l'argent amoncelés dans leur arrière-cour ?
En ces années quatre-vingt-dix où la transformation matérialiste balayait la ville, un ouvrier retraité tel que Huang n'avait guère d'autre motif de fierté pendant qu'il faisait son jogging.
Huang avait connu des jours meilleurs. Ouvrier modèle dans les années soixante, membre de l'équipe de propagande de la pensée de Mao Zedong pendant la Révolution culturelle, membre d'un comité de surveillance de quartier dans les années quatre-vingt, il avait été, en résumé, un «maître ouvrier» de la classe prolétaire politiquement glorieuse.
Aujourd'hui il n'était plus personne. Retraité d'une aciérie d'État en faillite, il avait du mal à joindre les deux bouts avec sa pension qui se ratatinait de jour en jour. Même le titre de maître ouvrier semblait à présent poussiéreux dans la presse du Parti. Quelle ironie !
Une formule tirée d'une rengaine récente lui vint à l'esprit comme pour contrarier le rythme de ses foulées : La Chine socialiste livrée aux chiens capitalistes. Tout changeait très vite, défiant la compréhension.
Son jogging changeait aussi. Autrefois, quand il courait dans la solitude sous les étoiles, avec juste quelques véhicules à l'horizon, Huang avait aimé sentir le pouls de la ville l'accompagner. Désormais, à cette heure matinale, il sentait la présence des voitures, qui klaxonnaient même parfois, et une grue s'élevait sur un nouveau chantier de construction à une rue de là. On annonçait un complexe résidentiel de luxe pour les «nouveaux riches».


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