Préface : Jean-Louis Debré
Date de saisie : 16/03/2007
Genre : Politique
Editeur : Ramsay, Paris, France
Prix : 22.00 € / 144.31 F
ISBN : 978-2-84114-875-2
GENCOD : 9782841148752
Sorti le : 10/03/2007
PETIT RECUEIL ÉDIFIANT SUR L'ART ET LA MANIÈRE DE SE PRÉSENTER AUX ÉLECTEURS
Les paroles volent, les écrits restent. Il en va ainsi des promesses électorales.
Depuis 1881 en effet, à l'initiative du député Désiré Barodet, les professions de foi des candidats élus aux législatives sont réunies dans un recueil officiel. Le «Barodet», très prisé des historiens, recèle de véritables trésors littéraires et historiques, qui font pour la première fois l'objet d'une anthologie.
«Parce que le style, c'est l'homme, ces professions de foi permettent aussi de reconstituer une véritable galerie de portraits», écrit Jean-Louis Debré. Hommes d'État réalistes et prophètes idéalistes, révolutionnaires collectivistes et candidats protestataires, toutes les tendances sont représentées, jusqu'aux ecclésiastiques inspirés et aux personnages les plus singuliers de métropole et d'outre-mer.
Rédigés avec superbe et surprenants de diversité, ces textes retrouvés font revivre un siècle de passions électorales en France.
Extrait de la préface de Jean-Louis Debré :
Il fut un temps où les hommes politiques ne ressentaient pas le besoin d'avoir recours à un conseil en communication, une époque où la médiatisation n'avait pas aseptisé le langage politique, où les candidats rédigeaient eux-mêmes leur profession de foi. Personne ne les invitait à affadir leur message pour sauvegarder leur image. Aucune agence n'aurait pu convaincre un républicain de ne pas conclure ses proclamations d'un sonore «Vive la République», un collectiviste d'oublier «Vive la Sociale» ou un monarchiste, «Vive la France catholique !» On affichait la couleur, dans un pays passionné par la politique où l'abstention restait faible. Gardons-nous, bien sûr, d'idéaliser le passé : sans doute y avait-il beaucoup d'effets théâtraux et de rhétorique creuse dans les campagnes électorales, et certainement un peu d'exagération et de sectarisme dans les mots d'ordre des partis. Mais au moins, on s'engageait, et cela en termes choisis, ce qui ne gâtait rien.
C'est à tort qu'on bornerait l'étude de la vie parlementaire aux discours prononcés dans l'hémicycle. Les plus grands orateurs ont dû aussi être des rédacteurs, quelques-uns se révélèrent même écrivains. Qu'il ait ou non un talent de plume, tout député consacre beaucoup de temps à écrire et laisse à la postérité, outre une volumineuse correspondance, les textes de ses questions, amendements, propositions de loi, rapports et autres motions. Mais le plus intéressant demeure sans doute le premier de ses textes, celui qu'il a rédigé encore simple candidat, en jetant sur le papier tout ce qui motivait sa candidature, tout ce qui lui laissait espérer la victoire : sa «profession de foi» en somme, selon l'expression empreinte de religiosité qui s'est imposée pour désigner ce que l'administration, de manière plus neutre, appelle un «document électoral».
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