Auteur : Giorgio Faletti
Traducteur : Alexandre Boldrini
Date de saisie : 16/03/2007
Genre : Policiers
Editeur : J'ai lu, Paris, France
Collection : J'ai lu. Thriller, n° 8276
Prix : 8.00 € / 52.48 F
ISBN : 978-2-290-35726-2
GENCOD : 9782290357262
Sorti le : 02/03/2007
New York, 2004. Mis sur la touche, Jordan Marsalis vient de quitter la police quand son frère, le maire de la ville, le charge d'enquêter officieusement sur le meurtre de son fils Gerald. Rome. La commissaire Maureen Martini, agressée, perd la vue. Soignée aux États-Unis, elle est sujette à de terrifiantes hallucinations : scènes de violence et de sang... trois meurtres dont celui de Gerald... Si Jordan est d'abord perplexe, il finit par comprendre. Trop tard : un second meurtre est commis. Ne reste plus dès lors qu'à prendre l'assassin de vitesse avant l'ultime clap d'un scénario délirant. Ce qui n'est pas évident quand, au royaume des aveugles, les déments font la loi...
Giorgio Faletti
Après avoir été avocat, créatif dans la publicité, chanteur et pilote automobile, il est devenu l'un des comédiens les plus populaires d'Italie.)e tue, son premier roman, a connu un énorme succès international. Droit dans les yeux est son deuxième roman.
Faletti élimine la concurrence avec la même efficacité que son héros psychopathe [...]
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Extrait du prologue :
Les ténèbres et l'attente ont la même couleur.
La femme installée dans l'obscurité comme dans un fauteuil a suffisamment goûté aux deux pour en avoir peur. Elle n'a que trop bien appris - à ses dépens -que la vue peut devenir un sens aussi bien mental que physique.
Soudain, les phares d'une voiture de passage dessinent un carré de lumière qui promène brièvement sa curiosité furtive sur les parois. Puis, fuyant la captivité de la pièce, il s'en retourne dehors, à la poursuite de la voiture qui s'éloigne.
Au-delà des rideaux, au-delà des vitres et des murs, dans l'obscurité jaunie par mille lumières et mille néons, il y a toujours l'incompréhensible folie que l'on nomme New York, cette ville que tous prétendent haïr tout en continuant néanmoins à l'arpenter, dans le but inavoué de comprendre combien ils l'aiment - et avec l'angoisse de découvrir qu'ils ne sont pas aimés en retour. Réduits à n'être que de simples humains identiques à ceux qui peuplent le reste du monde, ils renoncent à ouvrir les yeux, à écouter, à élever leurs voix contre le vacarme qui les domine.
Sur la table basse à côté de la femme, il y a un Beretta 92 SBM, pistolet dont la crosse étroite est prévue pour s'adapter aux mains féminines. Avant de poser l'arme sur la surface en verre, la femme a fait monter une balle dans le canon, d'un geste décidé. Le bruit de l'obturateur, identique au son d'un os qui se brise, a rebondi dans le silence de la pièce. Habitués à l'obscurité, les yeux de la femme lui donnent une idée assez précise du lieu où elle se trouve. Son regard est rivé sur le mur droit devant, où elle devine le contour sombre d'une porte. Jadis, à l'école, elle a appris que si l'on concentre le regard sur une surface colorée et qu'ensuite on s'en détourne, il s'imprime dans la pupille une tache lumineuse de couleur parfaitement complémentaire à celle que l'on vient d'observer.
La femme sent son sourire amer fleurir dans les ténèbres.
Deux couleurs sont dites complémentaires lorsque leur mélange selon des proportions déterminées donne le gris absolu. Mais les ténèbres n'ont pas de complément : l'obscurité n'enfante que plus d'obscurité. En cet instant, ce n'est pas un problème : quand celui qu'elle attend arrivera, la lumière inondera la pièce. Ce qui ne sera pas non plus un problème, ni une solution.
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