Auteur : D. Delaunay
Date de saisie : 14/03/2007
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Découvrance, La Rochelle, France
Prix : 14.00 € / 91.83 F
ISBN : 978-2-84265-491-7
GENCOD : 9782842654917
Sorti le : 16/01/2007
Le malouin Guillaume-Marie Angenard, capitaine de corsaire, dont la vie est un fantastique roman d'aventure, dix fois capturé ou laissé pour mort mais toujours indomptable ! livre ses mémoires sur un ton franc et sincère, après une quarantaine d'années à parcourir les océans.
Sans état d'âme, il raconte ses combats, les pontons et ses évasions, ses prises de course, le commerce de toute nature y compris la traite des Noirs sur toutes les mers du monde, le quotidien des marins, les habitants et la faune et la flore qu'il rencontre au cours de ses pérégrinations.
D. Delaunay, son arrière neveux a retrouvé ce manuscrit et a décidé de le publier tel quel avec les mots, les tournures de phrases de cet aventurier des mers, de 1790 à 1833. Ce récit couvre la période de 1790 à 1814.
Extrait de l'avant-propos de D. DELAUNAY son arrière-neveu :
«Les histoires les plus fidèles, dit Descartes, si elles ne changent ni n'augmentent la valeur des choses pour les rendre plus dignes d'être lues, en omettent au moins presque toujours les plus basses et moins illustres circonstances, d'où vient que le reste ne paraît pas tel qu'il est.» L'histoire, avec le caractère éminemment scientifique qu'elle a pris au XIXe siècle, échappe de plus en plus à cette critique du grand philosophe. On a compris de nos jours que, pour donner une notion juste d'une époque, il ne suffisait pas de mettre en pleine lumière les personnages qui ont joué les premiers rôles sur la scène du monde. On n'a rien négligé pour ressaisir à la fois les détails de la vie quotidienne et familière, qui forment comme le milieu matériel, et les personnages secondaires ou même insignifiants, qui forment comme le milieu intellectuel et moral duquel les grandes figures se détachent tout en y tenant par des points nombreux. C'est un document de ce genre qui nous est fourni par les Mémoires du brave marin Angenard.
Tandis que nos armées de terre soutenaient sur tous les champs de bataille de l'Europe cette lutte dont la grandeur suffit pour recommander à l'attention tous ceux qui y ont été mêlés, fussent-ils à un rang subalterne comme le capitaine Coignet, l'état de notre marine réduite à l'impuissance par des désastres irréparables ne permettait plus que des équipées héroïques, sans portée, sinon sans gloire. Irriter l'Angleterre en la bravant sur cet empire des mers où elle n'avait plus de rival à craindre, inquiéter son commerce par les pertes qu'on lui faisait subir, détourner d'un autre emploi une partie de ses forces en l'obligeant à maintenir sur toutes les routes maritimes une police sans cesse déjouée par nos rôdeurs, enfin établir au prix de mille dangers quelques communications entre la France et les débris de ses colonies, là devait se borner l'ambition de nos corsaires à l'époque de la Révolution et de l'Empire. Sans doute, leur rôle semble bien modeste quand on le compare à celui de leurs frères des armées de terre. Cependant il n'est pas sans intérêt de constater en lisant les campagnes de Surcouf, ou même d'un personnage de moindre importance, comme Angenard, que, malgré l'impuissance relative à laquelle elle était condamnée par les circonstances, la génération maritime n'était pas inférieure à la génération militaire. Angenard n'est qu'un individu de l'espèce des corsaires, alors fort nombreuse, et qui a son expression la plus complète dans Robert Surcouf seul parmi ses congénères, celui-ci, par la hardiesse, la grandeur, le succès presque constant de ses entreprises, s'est élevé jusqu'à la gloire. Nous trouverons dans son lieutenant Angenard les mêmes qualités, mais avec moins d'éclat.
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