Auteur : Joanna Spencer
Date de saisie : 15/03/2007
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Bartillat, Paris, France
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-84100-397-6
GENCOD : 9782841003976
Sorti le : 08/03/2007
Eva Peron ne vécut que trente-trois ans. A une allure qui épuisait ses proches. Le passage d'Eva Duarte de Peron dans l'histoire de l'Argentine se situe sur une courte période de sept ans : de 1945 à 1952. C'est dire son ascension rapide, irrépressible, mais aussi l'épanouissement fulgurant, son apogée, l'éclat précaire de sa gloire, et la chute immédiate avec sa disparition.
Eva Peron, l'idole des descamisados, connut un destin exceptionnel et puissant. Derrière son incroyable parcours de femme de pouvoir, qui fut-elle vraiment ? Comédienne, femme de médias (radio), reine du peuple, madone ou mystificatrice ? Par delà la légende, qui inspire biographies, romans, comédies musicales et films, Joanna Spencer éclaire les zones d'ombres de «Santa Evita» et révèle l'actrice ratée qui trouva son plus beau rôle en se forgeant un mythe dans un pays en quête d'identité.
Joanna Spencer, d'origine irlandaise, est journaliste et vit à Londres. Elle est l'auteur de plusieurs biographies à succès, dont Grace Kelly et Audrey Hepburn.
Extrait du prologue :
Fin de règne
Buenos Aires, juillet 1952. D'Avellaneda à Belgrano, une ceinture de cheminées entoure la métropole et leurs fumées noires s'inscrivent dans le ciel comme de sombres présages. La capitale, comme toute l'Argentine, vit dans l'angoisse. Car il n'y a plus aucun doute à avoir : Eva se meurt. La toute-puissante souveraine d'une grande nation n'est plus, dans une chambre interdite, au fond de son palais doré, qu'un corps diaphane qui se bat contre la Mort. Tout un peuple suit le combat singulier de celle qui, pour la première fois dans l'histoire d'un pays, entre dans la légende avec un diminutif.
Evita se meurt et personne ne sait avec certitude quel mal la ronge. Sa leucémie reste un sujet tabou. Jusqu'ici elle a pu sauver les apparences. Elle a démenti ceux qui annonçaient que son état avait empiré ; elle est apparue dans un suprême effort à un Conseil des ministres ; elle est venue saluer à une fenêtre, avec une peau devenue cireuse et sur le visage ce sourire qui n'en est plus un. On peut tromper l'Argentine, on ne trompe pas la Mort. Dès le 9 juillet, personne n'en doute plus. Quand Buenos Aires retrouve son calme après avoir célébré le jour de sa fête nationale, quand ont résonné les dernières marches militaires, éclaté les derniers pétards qui disent que l'Argentine est indépendante depuis cent trente-six ans, le mensonge n'est plus possible : le général Perón, droit dans son uniforme de campagne, doit présider seul l'immense revue militaire de 100000 réservistes. Pas d'Eva à son côté.
Le soir, c'est la première bombe : la radio d'État annonce : «La santé de l'épouse du président n'est pas satisfaisante.» Dès lors, des milliers d'hommes et de femmes commencent à chercher dans leurs journaux la petite phrase laconique qui définit en deux ou trois mots l'état de santé de la première dame d'Argentine. C'est le commencement des inquiétudes, des commentaires, des prévisions. Le soir, la radio ne mentionne pas comme chaque jour les activités officielles du président, ce qui signifie qu'il a décommandé plusieurs rendez-vous pour rester au chevet de sa femme.
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