Auteur : Michel Peyramaure
Date de saisie : 14/03/2007
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Bartillat, Paris, France
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-84100-399-0
GENCOD : 9782841003990
Sorti le : 08/03/2007
Marie Van GOETHEM naît dans une famille pauvre d'origine belge. Le père est tailleur, la mère blanchisseuse. La famille s'est établie à Paris en 1861. Comme ses deux soeurs, Marie entre à l'Opéra et devient petit rat. Sa participation aux spectacles ainsi que des séances de pose auprès d'artistes fournissent un complément non négligeable aux revenus de la famille.
Elle croise Degas qui en fait le modèle d'une de ses oeuvres les plus originales. Comment s'opère cette rencontre décisive ? Quelle relation s'instaure entre le peintre amoureux des corps et des formes au point de lui faire produire cette statue, oeuvre magnifique parmi les plus célèbres au monde ?
Une histoire se noue, avec ses passions et ses drames. Michel Peyramaure en retrace toute la saveur, ressuscitant l'univers artistique de la deuxième moitié du XIXe siècle et les débuts de l'impressionnisme.
Michel Peyramaure appartient à la fameuse école de Brive. Parmi ses nombreux succès, son roman sur Suzanne Valadon (Robert Laffont) qui marque son goût et son érudition pour le monde artistique. Aux éditions Bartillat, il a publié Un monde à sauver (1996) et Vu du clocher (1999).
Ce jour-là, comme ceux où le temps lui en donnait la permission par une risée de soleil, M. Degas s'assit à la terrasse du café Victor, à l'angle du boulevard des Batignolles et de la rue Truchet, endroit proche de la place Clichy, qui déverse dans cette artère à contre-allées ses piétons, ses fiacres, ses autobus en direction du parc Monceau. De la pointe de sa canne de presque aveugle il prospecta l'espace déjà envahi par la clientèle, tâtonna des mollets, provoquant le rire d'une jeune femme, la protestation d'une grosse touriste anglaise dont il avait soulevé la jupe, et le grognement d'un chien assoupi.
Sans s'excuser il poursuivait son exploration, quand un garçon lui prit le bras, sans trop le presser, de manière que ce geste ne fût pas pris pour une tentative d'assistanat, et dit à son client :
- Asseyez-vous derrière ce laurier, monsieur Degas, vous y serez à l'abri du vent et pas dérangé par le passage. Je vous sers un lait chaud, comme d'habitude ?
- Chaud mais pas bouillant. La dernière fois, il m'a brûlé le palais. J'en porte encore la trace.
- J'en ferai la remarque au service. Ça ne se reproduira pas.
- Au moins, croyez-vous que je serai assez bien placé pour observer le trafic ?
- Sans aucun doute. C'est la meilleure place : celle des habitués. Vous en aurez, si je puis dire, plein la vue.
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