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10 + 1 questions à Claude Allegre sur l'école

Couverture du livre 10 + 1 questions à Claude Allegre sur l'école

Auteur : Claude Allègre | Pierre-Luc Séguillon

Date de saisie : 14/03/2007

Genre : Education, Pédagogie

Editeur : Michalon, Paris, France

Collection : 10 questions + 1

Prix : 10.00 € / 65.60 F

ISBN : 978-2-84186-379-2

GENCOD : 9782841863792

Sorti le : 08/03/2007

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  • La présentation de l'éditeur

Questions posées par Pierre-Luc Séguillon

L'école de la République est-elle encore la meilleure des écoles ou est-elle au bord du naufrage ? Les programmes sont-ils un monstre démentiel indi­geste ?

Les diplômes ne valent-ils plus rien, à commencer par le bac ?

L'enseignement professionnel est-il la poubelle de l'Éducation nationale ?

L'école française est-elle malade de son jacobinisme ? Les enseignants sont-ils les premiers fossoyeurs de l'école ?

Les «géniteurs d'apprenants» doivent-ils avoir voix au chapitre ?

La règle doit-elle demeurer celle du toujours plus ? La marchandisation de l'école est-elle inéluctable ? Le ministre a-t-il tout pouvoir ? Le choix de Ségolène Royal comme ministre déléguée était-il un bon choix ?

Un acteur de premier plan, leader poli­tique, dirigeant économique ou personnalité civile s'empare d'un débat d'actualité : école, retraite, Europe, consommation, décentrali­sation, énergie, vieillesse...
À dix questions simples, formulées par Pierre-Luc Séguillon, il apporte dix réponses claires par écrit au gré d'un entretien oral.
Une onzième question, impertinente, voire indiscrète complète ces essais incisifs et d'un accès aisé.





  • Les premières lignes

L'école de la République est-elle encore la meilleure des écoles ou est-elle au bord du naufrage ?

Ni l'un, ni l'autre mon général !
C'est un fait, l'école se dégrade. Le niveau moyen des élèves baisse incontestablement et la différence de niveau entre les meilleurs et les moins bons augmente. C'est ce que l'on constate particulièrement à la fin du secondaire, au moment du bac. Il faut cependant moduler ce diagnostic et ne pas tomber dans l'excès en déclarant, comme le font certains, que l'école est aujourd'hui dans une situation lamentable. Ce n'est pas vrai. Il faut se garder d'une simplification abusive et de tomber dans le catastrophisme.
Le niveau a baissé pour diverses raisons.
La raison essentielle me paraît être la disparition des contrôles qui, jadis, permettaient le passage d'un niveau à un autre. Lorsque j'étais élève, par exemple, il existait un concours d'entrée au lycée, le lycée étant le collège tel que nous le concevons aujourd'hui. Ensuite, ce concours est devenu un examen. Il fallait faire moins de cinq fautes à la dictée. Il fallait évidemment être capable de lire et de résoudre convenablement quelques petits problèmes de mathéma­tiques (fondés sur la règle de trois), ou de géométrie (autour des propriétés des triangles). Or, on a supprimé depuis tout contrôle à l'entrée en sixième. Cette suppression a été la conséquence de la pression des syndicats qui l'ont demandée au nom d'une sorte d'égalitarisme tout à fait ridicule. Cela a été la première grosse erreur. C'est une erreur, en effet, pour deux raisons. L'existence de cet examen obligeait les instituteurs à se concentrer sur les fondamentaux. Durant les deux dernières années du primaire, il n'était donc pas question d'interrompre le cours de la scolarité par des classes de neige ou par la visite d'usines de betteraves ! Le travail des écoliers était focalisé sur la dictée, le calcul et la lecture. Dès lors qu'il n'y a plus eu de sanctions, l'enseignement s'est dilué. On y a rajouté des disciplines dites d'éveil et, du même coup, l'effort sur les fondamentaux s'est relâché. Lionel Jospin a cherché à corriger cela en mettant en place des contrôles en CM1 et CM2, mais cela est devenu une usine à gaz dont l'efficacité s'est peu à peu diluée... Et, de toute manière, cela n'a jamais eu l'efficacité d'un examen. En France, le facultatif ne se substitue jamais à l'obligatoire !


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