Auteur : Bénédicte Desforges
Date de saisie : 14/03/2007
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Michalon, Paris, France
Collection : Témoignage
Prix : 16.00 € / 104.95 F
ISBN : 978-2-84186-381-5
GENCOD : 9782841863815
Sorti le : 08/03/2007
«J'ai écrit ce qui m'avait touchée ou fait rire, ce qui avait ravagé ma conscience, des regrets de ne pas avoir su bien faire, des soulagements d'avoir fait mon travail, des images qui sont imprimées dans ma mémoire et ne la quitteront plus... J'ai écrit ce que l'on hésite à dire. J'ai écrit le meilleur choix que j'ai fait de ma vie : celui d'être un flic. L'obligation de réserve ? Ce n'est pas le plus important...»
Le Flic de Bénédicte Desforges est un témoignage exceptionnel. Policier en tenue à la plume acérée, cette jeune femme nous livre en effet une série de chroniques ébouriffantes et bouleversantes sur le quotidien des «flics de base», ceux que nous croisons tous les jours. Ses histoires de la rue, celles de la police ordinaire, nous offrent une plongée d'une intensité rare dans l'une des coulisses de notre société. Flic, un grand polar du réel, sans caméras ni langue de bois.
Bénédicte Desforges est lieutenant de police. Elle a travaillé en banlieue parisienne et dans le XVIIIe arrondissement.
Main courante
Les gens ont toujours bien aimé les histoires de flics. Mais les gens n'aiment pas les flics...
Le portrait-robot du flic culturellement conforme, c'est l'emmerdeur institutionnel, le tortionnaire latent, le sous-prolétaire cogneur de la fonction publique. Pluriel de caricatures. C'est dire si la fiction ne colle pas à la réalité. Problème de casting et de mise en scène probablement. Il manque quelqu'un au générique. Le héros standard est toujours un policier galonné travaillant en tenue civile, et le scénario décline à l'infini les mêmes aléas des enquêtes policières. Mais le flic de base - comme on dit - est exclu de ces représentations, et si toutefois il doit apparaître, ce sera dans le rôle d'un larbin, sous les traits d'un abruti bedonnant cérébralement limité. La fiction est une vitrine ingrate où le flic en uniforme n'est qu'un figurant.
La réalité est tellement autre...
Il fait le sale boulot, c'est vrai. Le flic a les mains sales de la crasse sociale, c'est sûr. Il n'a pas de nom, mais un matricule. Affirmatif. Mais quand ça ne va pas, c'est lui qu'on appelle.
Alors à toutes ces histoires de flics, j'ai toujours préféré celles des flics, de mes collègues, et celles que j'ai vécues. De toutes petites histoires de rien du tout, du quotidien, du banal, de l'anonyme, sans début et sans fin, sans lumière. Mais c'est ce monde-là que j'avais choisi et dont j'aimais le souffle. J'avais tiré, sans savoir à quel point elle me ferait grandir, la carte de la chance d'entrer dans les coulisses de la société et d'approcher ce dont les regards se détournent. Le privilège de vivre et partager l'intimité de la rue.
Flic. Rien de mes études peu convaincantes ne m'y prédestinait. Je voulais faire des sciences humaines, et on m'a poussée vers des sciences exactes. Mais rien n'est jamais exact, et l'exact est aussi une fiction ennuyeuse.
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