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Le chant de la cité sans tristesse

Couverture du livre Le chant de la cité sans tristesse

Auteur : Anosh Irani

Traducteur : Florence Colombani

Date de saisie : 13/03/2007

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : P. Rey, Paris, France

Collection : Roman étranger

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 2-84876-085-0

GENCOD : 9782848760858

Sorti le : 01/03/2007

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  • La présentation de l'éditeur

Chamdi, dix ans, n'a jamais quitté son orphelinat, en plein coeur de Bombay. Jusqu'au jour où, espérant retrouver le père qui l'a abandonné tout bébé, il franchit le mur d'enceinte et se retrouve seul dans le chaos de la grande ville. Doté d'une imagination fertile, Chamdi avait toujours vu Bombay comme un paradis de couleurs vives qui répondrait mieux au nom de "Kahunsha" - la cité sans tristesse. Mais devenu un gamin des rues qui mendie pour vivre, ce nouvel Oliver Twist découvre une toute autre réalité dans une ville ensanglantée par les émeutes de 1993 opposant violemment hindous et musulmans. L'itinéraire du jeune héros finit par incarner celui de l'Inde toute entière, saisie d'effroi face à ses haines intestines.

L'écriture d'Anosh Irani restitue à la fois la candeur du petit garçon et la dureté de la rue indienne. Tour à tour drôle et poignant, comme le regard dénué de préjugés que Chamdi pose sur le monde qui l'entoure, Le chant de la cité sans tristesse entraîne le lecteur dans une aventure périlleuse, atroce et magnifique dont il ne sortira pas indemne.

Traduit de l'anglais (Inde) par Florence Colombani

Né et élevé à Bombay, Anosh Irani s'est installé à Vancouver (Canada) en 1998. Il est l'auteur de plusieurs pièces de théâtre. Le chant de la cité sans tristesse est son second roman.





  • Les premières lignes

Prologue :

Sans prévenir, l'homme balance la barre de fer dans le visage qui vient d'apparaître à la fenêtre. Ça fait un bruit répugnant, et le visage disparaît. C'était sûrement Hanif, le taxiwala, pense Chamdi. L'homme continue de monter la garde devant la fenêtre. La barre de fer à la main, il a l'air prêt à recommencer si nécessaire.

La ruelle est plongée dans l'obscurité. Chamdi entend une femme crier à l'intérieur de la cabane bleue. Il imagine Hanif étendu par terre, les dents pulvérisées par la barre de fer, le sang qui lui coule du nez et de la bouche, pendant que sa femme martèle de coups de poing la porte verrouillée.

Chamdi est incapable de bouger. Aucun des voisins ne vient secourir la famille. La plupart des hommes et des femmes rentrent dans leurs cabanes, et les rares qui sont encore dehors ont l'air tout aussi terrifiés que Chamdi.

Chamdi regarde Anand Bhai. Il est comme enraciné dans la terre. On dirait qu'Anand Bhai, vêtu seulement de noir, fait partie de la nuit même. Chamdi ne comprend pas comment Anand Bhai peut sourire à un moment pareil.


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