Passion du livre - tout sur le livre : Ciano, un conservateur face à Hitler et Mussolini

Recherche

Recherche simple
Recherche multi-critères

Ciano, un conservateur face à Hitler et Mussolini

Couverture du livre Ciano, un conservateur face à Hitler et Mussolini

Auteur : Michel Ostenc

Date de saisie : 05/04/2007

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Rocher, Monaco, France

Collection : Démocratie ou totalitarisme

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 2-268-06115-9

GENCOD : 9782268061153

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Le 11 janvier 1944, dans l'aube froide d'un petit matin blême, le comte Galeazzo Ciano est ligoté sur une chaise et fusillé dans le dos, comme les traîtres, par un peloton de fascistes de la République sociale de Salò. Ciano est le gendre de Mussolini, mais celui-ci n'a rien fait pour le sauver des griffes de ses séides les plus fanatiques.
Étrange destin que celui de cet homme assassiné à quarante et un ans. Engagé très jeune dans le mouvement fasciste, il épouse la fille du Duce qui en fait le chef de sa propagande avant de le promouvoir aux Affaires étrangères. D'abord partisan puis artisan de l'alliance avec l'Allemagne nazie, Ciano découvre peu à peu, avec stupeur et dégoût, l'arrogance, la vulgarité et les ambitions délirantes des dirigeants nazis. Il va, en 1939, tenter de désengager l'Italie de cette alliance désastreuse afin de l'empêcher d'entrer dans une guerre pour laquelle elle n'est absolument pas prête. Mais il échoue. S'il a toujours été hostile à la démocratie, il cesse alors d'être fasciste, opte pour un conservatisme autoritaire et s'oppose à Mussolini, ce que les fascistes, partisans affichés du totalitarisme, ne lui pardonneront pas.
C'est cette figure oubliée et pourtant symbolique des enjeux de l'entre-deux-guerres - entre démocratie, totalitarisme et autoritarisme - que restitue ici Michel Ostenc dans une biographie extraordinairement documentée et pleine de nuances.

Michel Ostenc est professeur d'université et l'un des meilleurs spécialistes de l'Italie contemporaine à laquelle il a consacré de nombreux travaux dont Intellectuels italiens et fascisme 1915-1929 (Payot, 1983).





  • La revue de presse Max Gallo de l'Académie française - Le Figaro du 5 avril 2007

Qui connaît encore le comte Galeazzo Ciano (1903-1944) ? Ministre de la Propagande (1934) puis des Affaires étrangères (1936) de Mussolini, Hitler disait de lui : «C'est un danseur de café viennois», et un dignitaire fasciste en faisait l'incarnation du «narcissisme politique». Et pourquoi tirer de l'oubli ce personnage qui, à la différence des proches de Hitler - Himmler, Goebbels, Ribbentrop... - semble n'avoir laissé aucune trace ? La biographie érudite et nuancée que lui consacre Michel Ostenc, spécialiste de l'histoire italienne, nous dévoile que le destin singulier de Ciano éclaire plusieurs pans de la réalité fasciste. Car Ciano n'est pas qu'un ministre parmi d'autres. Il est l'époux d'Edda Mussolini, la fille du Duce...
Et dans son rôle de ministre de la Propagande - il a à peine trente ans -, il organise la mise en scène du régime.



  • Le message de l'auteur

Michel Ostenc - 22/06/2007



  • Les premières lignes

GALEAZZO ET EDDA

Galeazzo Ciano est né à Livourne le 18 mars 1903. Il était le second enfant de Costanzo et de Carolina Ciano. La fille aînée, Maria, était de trois ans plus âgée. Pendant la Première Guerre mondiale, la famille Ciano déménagea à Venise et Galeazzo fit ses études secondaires au gymnase «Foscarini». Il passa la «maturité» classique à Gênes avant de suivre son père à Rome lorsque celui-ci fut élu député en mai 1921. Costanzo Ciano devint ensuite sous-secrétaire d'État à la Marine dans le premier gouvernement de Mussolini.
Galeazzo avait une profonde admiration pour son père et il souffrait de ses fréquentes absences dues à sa carrière d'officier de marine. Costanzo Ciano avait dirigé l'École de radiotélégraphie de La Spezia et il était devenu l'ami de Guglielmo Marconi. Si l'on en croit le témoignage d'Edda Mussolini, la fille du dictateur et l'épouse de Galeazzo, le duce et Costanzo Ciano étaient connus pour «fuir leur femme». Costanzo Ciano préférait même les canons de la guerre «aux amères récriminations de son épouse». «Autrefois, à La Spezia, écrira Galeazzo à la mort de son père, je te saluais chaque fois que tu partais, du balcon de notre maison sur la mer. J'avais la voix étranglée et les yeux pleins de larmes, mais je me retenais tant que tu étais là car je ne voulais pas montrer ma faiblesse à un grand soldat. Mais mes efforts étaient vains et tu savais très bien que dès que tu aurais disparu à l'angle de la via dei Colli e del Torretto, je me jetterais à terre, vaincu par les larmes et par mon sentiment de solitude.» Costanzo Ciano éleva son fils sévèrement, d'une façon toute militaire. Le garçon portait un costume de marin et arborait fièrement un ruban portant le nom du bateau de son père. Ce dernier l'encouragea sur la voie de la «virilité fasciste». Dès l'adolescence, Galeazzo ne buvait ni ne fumait et il éprouvait une forte aversion pour les jeux de hasard.


Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli